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Le blog de Jean Michel Arberet a déménagé

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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 09:45

Chateaubriand dans le Génie du christianisme s'interrogeait sur le remords et la conscience: "O conscience ! ne serais-tu qu'un fantôme de l'imagination, ou la peur des châtiments des hommes ? je m'interroge ; je me fais cette question : « Si tu pouvais par un seul désir, tuer un homme à la Chine et hériter de sa fortune en Europe, avec la conviction surnaturelle qu'on n'en saurait jamais rien, consentirais-tu à former ce désir ?".

Cette interrogation est assez connue, et a été souvent commentée et même attribuée à Rousseau, mais qu'importe son origine. Cette question n'était qu'un problème théorique.

Mais grâce au génie, non du christianisme cette fois, mais de la finance la question est devenue une question pratique, même si elle est un petit peu modifiée dans ses termes. « Si tu pouvais par un seul désir, exploiter des enfants, ruiner des populations entières dans les pays en voie de développement, pousser au suicide des salariés, précariser des millions de personnes et obtenir une rentabilité maximale de tes placements financiers, avec la conviction  qu'on ne rapprocherait jamais les deux bouts de la chaine, consentirais-tu à former ce désir ?".

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 08:49

Pierre Rousselin a signé un éditorial très significatif dans le Figaro le 13 janvier 2010 intitulé "Haïti, la malédiction"..

La malédiction évoquée visée semble être, dans un premier temps, celle de la nature qui " semble s'acharner avec une terrible cruauté sur l'un des pays les plus pauvres et les plus vulnérables de la planète". Force est de constater la  violence de ce séisme, même si le choix du terme "malédiction" pourrait laisser supposer la présence d'une force supranaturelle choisissant de frapper ici ou là.

Par contre, si la violence de ce séisme est une donnée sur laquelle aucune action n'est possible, l'impact de ce séisme est directement fonction de l’état des bâtiments et des normes antisismiques mises en œuvre, ou non, lors de leur construction. Au Japon, le même seisme n'aurait pas eu le même impact sur les bâtiments.

 

" Haïti ne peut rester éternellement un puits de misère," écrit-il, comment ne pas être d'accord avec une telle déclaration. Mais ensuite Pierre Rousselin s'égare ou est bien mal informé, il cite bien, et à juste titre " trois décennies de dictature des Duvalier" mais il oublie malencontreusement les conditions de l'indépendance ; c'est là un point commun à la plupart des commentateurs.

En effet, si il est de bon ton de rappeler l'ancienneté de l'indépendance d'Haïti, il semble que l'on ait oublié les conditions financières qui l'ont accompagnée.

 

Le 17 avril 1825 une ordonnance de Charles X prévoyait dans son article 2 "Les habitants actuels de la partie française de Saint-Domingue verseront à la Caisse des Dépôts et Consignations de France en cinq termes égaux, d'année en année, le premier échéant au 1er décembre 1825, la somme de cent cinquante millions de francs, destinée à dédommager les anciens colons qui réclament une indemnité".

Ce montant fut toutefois révisé en 1838 et réduit à 60 millions. Ce montant fut réglé en ayant recours à un emprunt qui fut remboursé pensant un siècle.

 

Cette malédiction ainsi évoquée est-elle donc celle d'une puissance surnaturelle ou celle de l'ancienne puissance coloniale ?

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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 23:27

The Times of India révèle que 49 bébés, dont la plupart avaient moins d'un an, sont morts à l'Institut des sciences médicales de New Delhi alors qu’ils subissaient des tests cliniques pour de nouveaux médicaments avant leurs mises sur le marché (contre les carences en zinc, les problèmes de pression artérielle ou encore une maladie du foie).
En deux ans et demi, 42 séries de tests ont été réalisés sur 4.142 bébés. Un officiel de l'Institut a déclaré que certains bébés étaient déjà malades avant les tests et qu'on ne pouvait donc pas leur imputer tous les décès. De plus l'Institut indique avoir prévenu les familles des risques avant le début des tests.
Mais selon Rahul Verma, fondateur de l'ONG Uday pour les maladies congénitales et les groupes sanguins rares, qui a mené l'enquête, la plupart des patients sont issus de familles extrêmement pauvres et illettrées, il est peu probable dans ces conditions que les familles aient compris ce qu'est un teste clinique et ce que subissent leurs enfants.

Ce n'est pas un hasard si les tests cliniques sont réalisés aujourd'hui en Inde, le cout des tests est jusqu'à 60% moins élevé qu'en Europe et aux Etats-Unis où les candidats sont très difficiles à trouver.
49 bébés indiens sont morts pour préserver les profits de groupes pharmaceutiques, et des gestionnaires consciencieux ont chiffré l'économie ainsi réalisée en délocalisant cette activité en Inde, dignes descendants de deux qui géraient tout aussi consciencieusement les transports vers les camps de la mort.

Mais la décision de réaliser ces tests en Inde ne s'est pas auto générée, qui répondra de cette décision, qui répondra de ces morts ?

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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 00:40

Les conseils municipaux de ces deux communes avaient voté un vœu respectivement en octobre 2004 et en février 2005, déclarant leur territoire hors AGCS et demandant un moratoire sur les négociations en cours.

Le préfet de l'Allier, visiblement choqué d'un tel comportement, avait saisi le tribunal administratif pour obtenir l'annulation de ces deux délibérations. Le tribunal administratif ne lui ayant pas donné raison, il a fait appel et la cour administrative d'appel de Lyon vient d'annuler ces deux délibérations le 13 décembre 2007. (1)

Le commissaire du gouvernement avait argumenté dans ce sens. Il a souligné "l'incongruité de la prise de position des communes, sombrant dans le complexe du village gaulois résistant encore et toujours…", ce haut fonctionnaire de l'Etat montrant là le respect qu'il porte aux représentants démocratiquement élus.

L'argument principal mis en avant est que ces délibérations ne sont pas de simples vœux au sujet desquels le commissaire du gouvernement nous indique, en s'appuyant sur une citation d'un des confrères, " sauf exception, ces vœux sont donc des aveux d'impuissance du conseil municipal qui, faute de pouvoir décider dans des domaines situés hors de sa compétence, se contente d'exprimer ses inquiétudes, de souhaiter, de demander, de réclamer, d'exiger". Je pense que là aussi les élus locaux pourront apprécier la haute estime qui est portée à leurs travaux et leur délibérations.

Les délibérations en cause ne sont donc pas de simples vœux, le commissaire du gouvernement souligne en effet que "les conseils municipaux ont très clairement émis le vœu que ne soient pas respectés des conventions internationales". C'est effectivement le sens des vœux pris par de nombreux conseils municipaux en France.

Ces délibérations sont donc annulées car elles constituent une décisions "permettant de fonder ultérieurement des décisions d'interdiction d'exploiter des services selon les modalités qui résulteraient de la ratification d'un accord international engageant la France…"

Cette décision constitue assurément un mauvais coup notamment pour les deux communes de Bellenaves et d'Autry-Issards.

Mais en relisant les deux arrêts, ne pouvons nous pas en déduire, à contrario, que dans les communes où de tels vœux n'ont pas été annulés, il sera possible de se fonder sur ces délibérations des décisions d'interdiction d'exploiter des services selon les modalités qui résulteraient de la ratification de l'AGCS ?



(1) AJDA n°9-2008 p 461.

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11 janvier 2005 2 11 /01 /janvier /2005 12:33

Les montants d'aide à l'Asie du Sud Est sont annoncés tous les jours en hausse, aide venant des particuliers, des entreprises, des Etats. Peut être pour une fois les aides seront elles à la hauteur des dégâts.

Mais ces montants annoncés doivent susciter aussi de nombreuses questions.

Les montants eux-mêmes doivent être relativisés, "les efforts incroyables doivent devenir la norme humanitaire" a affirmé Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations Unies;  "en 2004, nous avons reçu 5,8 milliards de dollars pour les 100 pays dans lesquels nous avions des opérations. 20 d'entre eux ont des urgences équivalentes à un tsunami. Si l'on estime que ces 5,8 milliards de dollars correspondent à 2 jours de dépenses militaires mondiales et qu'on les divise par le nombre d'urgences, ce n'est pas un chiffre très impressionnant ".

De plus, et l'exemple du séisme survenue en Iran dans la région de Bam est là pour le rappeler l'écart est grand, monstrueux, entre les montants d'aide annoncés et les montants effectivement perçus sur le terrain.

De la même façon, il ne faudrait surtout pas que ces montants viennent en diminution des autres crédits destinés à l'aide internationale, ce serait là une terrible nouvelle notamment pour certains pays africains.

La solution semble donc simple, il convient d'augmenter les montants destinés à l'aide internationale, aide humanitaire, aide au développement. Mais la question du financement de cette aide va se poser très vite, peut-on concilier l'ultralibéralisme qui veut toujours moins d'Etat avec cette augmentation ? Les chantres du libéralisme vont nous proposer de laisser là aussi la main invisible du marché, ou du business de la charité internationale agir. Ne nous y trompons pas, cette réponse ne sera pas suffisante dans la durée, les mobilisations médiatiques sont de courte durée et versatiles, et de plus, les versements individuels sont aussi partiellement financés par l'Etat par le jeu des avantages fiscaux qui y sont liés.

D'autres solutions sont proposées aujourd'hui prélèvement fiscal mondial exceptionnel, taxation exceptionnelle des mouvements financiers…. Ces propositions sont certes à étudier, mais présentent toutes la particularité d'être exceptionnelles, ponctuelles, mais alors que deviendrait l'aide après l'Asie du Sud Est, le Darfour, le Bengladesh devront ils attendre un raz de marée causant de nombreuses victimes occidentales, pour voir arriver les journalistes préludes à l'aide "exceptionnelle".

D'autre part ces propositions ont le défaut de n'être pas immédiatement applicables. Quel temps prendrait la mise en œuvre d'un prélèvement mondial ? et même au plan national quel temps prendrait la mise en œuvre concrète d'une telle décision ? Nous savons bien les difficultés de mise en place d'une nouvelles disposition législative et les capacités de lobbying du Medef.

Pourquoi alors ne pas s'appuyer sur les dispositifs existants ? Ils ont l'avantage d'être prêts à fonctionner, parfaitement opérationnels et les montants attendus faciles à estimer. Relevons les taux des tranches supérieures de l'impôt sur le revenu et relevons le taux d'imposition de l'impôt de solidarité sur la fortune.

Faisons payer les riches ? Chiche !

 

Une autre question semble terriblement absente du débat, une aide pour reconstruire, mais pour reconstruire quoi ?

La solution cohérente avec la mondialisation est bien sûr de reconstruire ce qui existait, une Asie du Sud Est tournée vers le tourisme, vers un type de tourisme consumériste, et vers la culture de produits d'exportation.

Est ce cela le monde que nous voulons ?

La réponse ne doit elle pas être élaborée avec les populations locales, avec les associations, syndicats, coopératives, groupements que ces populations se sont données ou se donneront plutôt qu'avec les experts internationaux dont les populations de nombreux pays ont souffert de la mise en œuvre de leurs décisions bien évidemment ultra libérales.

Ne devons nous pas mettre en avant une agriculture tournée vers les productions vivrières développées par les petits producteurs locaux ?

Ne devons nous pas mettre en avant un tourisme respectueux de l'environnement et des populations locales, un tourisme de découverte de l'autre, de sa culture et non pas un tourisme tourné exclusivement vers les plages ou le sexe ?

 

Nous ne pouvons pas continuer à construire une société fondée sur la paupérisation de régions entières du monde. Aujourd'hui, la question d'une reconstruction de pose, ne laissons pas passer cette occasion d'imposer d'autres choix, d'autres logiques.

 

Les damnés de la terre demandent justice, choisissons notre camp.

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27 décembre 2004 1 27 /12 /décembre /2004 10:34

A la suite du tremblement de terre de Lisbonne en 1755, le roi du Portugal Joseph 1er s’interrogeant sur la conduite à tenir, son secrétaire lui fit la réponse suivante " Sire, nous devons enterrer les morts et nourrir les vivants"

Aujourd'hui, la situation est tragiquement la même et l'urgence est à la mobilisation. De nombreux pays ont déjà annoncé le déblocage d'aide d'urgence, les ONG se sont mobilisées et collectent des fonds.

Mais cela ne doit pas nous faire oublier une triste réalité "Une catastrophe de cette ampleur sans précédent devrait être suivie d'une générosité également sans précédent" a affirmé Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations Unies, qui s'est déclaré pessimiste quant aux contributions pour l'année à venir.  Il a souligné que, "dans une économie en croissance", aucun pays n'avait atteint un taux d'aide publique au développement correspondant à 1% de son PNB, seuls les pays nordiques et les Pays-Bas ayant dépassé le taux de 0, 7%.

Si nous devons saluer le travail accompli sur le terrain par les nombreuses associations présentes et relayer leurs demandes urgentes de don, il importe de rappeler que la solidarité est de la responsabilité des Etats, de tous les Etats et en premier lieu des plus riches , et ce d'autant plus que cette catastrophe a frappé des populations pauvres.

Nous devons aussi exiger que toutes les populations puissent bénéficier de cette aide internationale, et que tous les Etats prennent les mesures nécessaires, notamment l'Indonésie dans la région d'Aceh sous loi martiale ou en état d'urgence depuis mai 2003, en raison des luttes entre le Gouvernement et des mouvements séparatistes.

De même nous devons rappeler notre condamnation des mines antipersonnelles qui, déplacées par les eaux, vont maintenant menacer la vie des secouristes et des survivants au Sri Lanka.

 

 

Au-delà du traitement de l'urgence, cette catastrophe doit nous amener à nous interroger. Après le tremblement de terre de Lisbonne Rousseau écrivait " Sans quitter votre sujet de Lisbonne, convenez, par exemple, que la nature n’avait point rassemblé là vingt mille maisons de six à sept étages, et que si les habitants de cette grande ville eussent été dispersés plus également, et plus légèrement logés, le dégât eût été beaucoup moindre, et peut-être nul".

La même question se pose aujourd'hui. Les Nations Unies ont déploré l'absence d'un système d'alerte aux raz-de-marée dans l'océan indien;  le coût en aurait-il été trop élevé pour des vies humaines en Inde, au Sri Lanka, en Indonésie, en Thaïlande, aux Maldives, au Bangladesh, au Myanmar ?

Le Bangladesh est victime très régulièrement d'inondations meurtrières.

Lors du tremblement de terre à Alger en 2003 de nombreux morts auraient déjà pu être évités si les bâtiments avaient été construits en respectant les normes antisismiques.

 

Les catastrophes naturelles tuent, mais elle sont beaucoup plus meurtrières quand elles frappent les populations les plus démunies, quand ces populations vivent dans des régions à risques sans que ces risques soient intégrés dans les contraintes d'urbanisme et d'architecture.

Accepterons nous encore longtemps de laisser la "main invisible du marché" décider des conditions de vie et de morts de milliers, de millions d'êtres humains ?

"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits., toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires" proclament les articles 1 et 25 de la déclaration universelle des droits de l'homme, mais à la suite de la catastrophe de Bhopal les indemnités versées aux victimes indiennes se situaient entre 370 et 533 dollars.

 

Nos valeurs sont autres, le monde n'est pas à vendre il appartient à l'ensemble de l'humanité, il est urgent de réagir, l'être humain doit être au centre de nos préoccupations et non pas le profit financier.

Mobilisons nous tous pour aider les victimes de cette catastrophe, mais n'oublions pas que le plus bel hommage que nous puissions leur rendre est de poursuivre le combat pour permettre à chaque être humain de vivre dans des conditions décentes.

La lutte sera longue.

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