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Le blog de Jean Michel Arberet a déménagé

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 23:14

En 1875, l'amendement Wallon est voté par l'assemblée nationale par 353 voix contre 352. Ce texte qui stipule que "le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et par la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale…" est le fondement de la IIIème République.

On peut se demander si, au vu de l'étroitesse du score, les royalistes avaient obtenu un nouveau vote, quelle aurait été la forme constitutionnelle de la France en cette fin de XIXème siècle.

 

L'on pourra de la même façon se demander pendant des années qu'elle aurait été l'évolution du parti socialiste si le vote des militants avait été refait… Mais l'on n'aura sûrement pas à se poser la question de ce qu'aura coûté cet acharnement des Royalistes à contester ce vote, là seule question reste aujourd'hui de savoir si ce prix n'en sera payé que par le parti socialiste ou plus largement par l'ensemble de la gauche…

 

Et, "lorsqu'on vient d'en rire, on devrait en pleurer !"

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 23:58

Le mouvement des jeunes de l'UMP lance la campagne "nous sommes révolutionnaires", avec un site www.lesrevolutionnaires.fr, avec des affiches "Ils ont choisi l'assistanat, nous avons fait le RSA nous sommes révolutionnaires", ou encore "Ils ont choisi de toujours dire non, nous avons fait la réforme de l'enseignement, nous sommes révolutionnaires".

 

Un tel détournement pourrait prêter à sourire, s'il n'était pas le signe d'un malaise beaucoup plus profond.

Pourquoi aujourd'hui la droite peut-elle se permettre une telle campagne, comme elle a pu se permettre le détournement de mai 68 ?

Pour Benjamin Lancar, nouveau président des Jeunes populaires, cette campagne tient en une phrase  "on est là pour préempter les thèmes de gauche" 1. Le vocabulaire choisi est toutefois quelque peu surprenant ; préempter signifie se rendre acquéreur d'un bien en vertu du droit concédé par la loi, d'acheter par préférence à toute autre personne. En l'occurrence il s'agirait plutôt d'un thème laissé en déshérence dont la droite s'approprierait.

 

Le fonds de la question est peut-être là. Si la droite peut aujourd'hui détourner les thèmes de gauche pour se les approprier, c'est parce que la gauche a cessé de les penser et ne les utilise souvent que de manière incantatoire.

Lorsque, par exemple,  Ségolène Royal déclare dans une interview accordée au journal Les Échos le 15 mars 2007 "La profondeur de la crise appelle une révolution", en maintenant le taux de prélèvement obligatoire, sans toucher à l’ISF, cette utilisation d'un mot vidé de son sens participe de l'affaiblissement de la pensée politique, de la perte de repère et de la confusion idéologique…

 

Nous ne devons pas parler avec les mots, les concepts de la droite ; la réflexion politique à  gauche a besoin de ses propres concepts, à redéfinir, à clarifier parfois. Dans le discours politique les mots prolétariat, lutte des classes. ont quasiment disparu.

Cela signifie-t-il que les concepts qu'ils désignent n'existent plus ou que nous avons peur de les employer ?

 

Les jeunes de l'UMP, qui utilisaient déjà l'appellation Jeunes Populaires, veulent que la Révolution soit un mot d'ordre sonnant le rassemblement.

 

En ces temps d’ultra libéralisme triomphant, la Révolution, pas la régression sociale mise en place par Nicolas Sarkozy,  est moins que jamais un slogan publicitaire.

"Oui, mais …

Ça branle dans le manche.

Ces mauvais jours-là finiront

Et gare à la revanche

Quand tous les pauvres s'y mettront ! "

 

 

 

1http://www.marianne2.fr/Hold-up-les-jeunes-UMP-s-emparent-du-mot-revolution-_a92510.html

 

 

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Publié par Jean-Michel Arberet - dans Gauche-Droite
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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 23:28

Dans une longue tribune publiée par l'hebdomadaire Le Point, Claude Allègre " plaide pour "une opposition qui comprenne enfin que la France doit bouger très vite pour s'adapter au monde nouveau. Bref, qui reconnaisse que, dans sa démarche hyper-volontariste, Nicolas Sarkozy a fondamentalement raison".

 

Et Claude Allègre aligne les poncifs, l'affaiblissement de l'enseignement public par la suppression de quelques dizaines de milliers de postes classé plaisanterie, la pertinence de l'instauration de la garde des enfants en temps de grève, tout en se félicitant de l'extinction de la grève générale !

Il n'oublie pas enfin de préciser que Nicolas Sarkozy n'est pas responsable de tout, et que "si le pouvoir d'achat stagne ou même diminue, ce n'est pas la faute de la politique menée par le gouvernement,"

 

Il se félicite enfin de la dynamique de réformes tous azimuts engagées par Nicolas Sarkozy.

Ces réformes sont nécessaires selon Claude Allègre car "au cas où vous ne le sauriez pas, nous sommes en guerre ! Une guerre économique sans merci, qui a pour nom mondialisation et élimine sans pitié les plus faibles. Aujourd'hui, le développement de la France, donc le bien-être des Français, ne se fera que s'il suit le rythme soutenu imposé par la Chine, l'Inde, le Brésil, la Russie et les Etats-Unis", et c'est ce point qui justifie l'ensemble des positions soutenues dans cette tribune.

 

La réalité et les conséquences de la mondialisation sont connues, et Claude allègre ne nous apprend rien en évoquant l'élimination sans pitié des plus faibles. Par contre le raisonnement de Claude Allègre perd très vite sa pertinence dans un raccourci un peu trop rapide liant le bien-être des Français au développement de la France.

Il faudrait d'abord se demander à qui profite le développement de la France dont nous parle Claude Allègre, aux actionnaires du CAC 40 ou  de toutes celles et tous ceux qui voient leur pouvoir d'achat diminuer, qui ont de plus en plus de difficultés pour se loger, qui cherchent en vain en emploi stable, qui galèrent tous les jours…?

 

Qu'il y ait une guerre économique sans aucun doute, c'est la nature même du capitalisme. Mais est-ce une guerre entre capitalistes ou une guerre entre les peuples ? L'actualité nous en apporte la réponse tous les jours, les entreprises licencient ceux qui la veille encore devaient se battre pour elles, les gouvernements indemnisent de plus en plus mal les chômeurs, et  les précaires sont accusés d'être seuls responsables de leur sort.

Alors Monsieur Allègre, s'il y a une guerre mondiale, que les actionnaires du CAC 40 montent eux-mêmes au front, et montrez leur donc le chemin.

Pour ma part je suis solidaire des mutins de 1917 et je refuse de monter sur le plateau de Craonne.

 

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Publié par Jean-Michel Arberet - dans Gauche-Droite
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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 23:12
"On dit que les clivages droite-gauche s'affaiblissent. Ce n'est pas seulement l'affaissement des idéologies. C'est aussi parce que 80 % des communautés d'agglomération sont cogérées par la droite et la gauche. Et comme cela fonctionne, cela a un impact sur les gens." Cette déclaration de François Rebsamen, président du Grand Dijon et maire (PS) de la ville est citée dans un article de Luc Bronner paru dans le Monde du 21 février.

Nous serions donc passés d'une " démocratie assez brutale" qui était celle des conseils municipaux à " une structure intercommunale, amenée à fonctionner, à l'européenne, par négociation, par consensus".

Le fonctionnement du conseil municipal serait assez brutal, peut être, mais l'affrontement entre deux conceptions politiques n'est pas une aimable conversation autour d'une tasse de thé. La véritable question posée par le fonctionnement au sein des communautés d'agglomération, et de toute les autres structures intercommunales, n'est elle pas de gérer ces structures en fonction des options politiques sur lesquelles nous avons été élus et non pas en représentant d'une collectivité défendant farouchement son territoire.
Le parallèle fait dans cet article entre les communautés d'agglomération et le fonctionnement européen est à cet égard significatif. Si nous voulons faire vivre nos idées et donner du sens au clivage droite-gauche, nous devons nous donner les moyens de réfléchir et d'agir à tous les niveaux de décision politique, les niveaux traditionnels, communes, départements, états, qui structurent aussi nos organisations mais aussi les niveaux plus récents, agglomérations et structures intercommunales, régions, Europe.

Mais si nous voulons faire vivre nos idées de gauche il faut aussi s'interroger sur les partenariats que l'on noue. Peut être la difficulté pour François Rebsamen de voir un clivage fort entre la droite et la gauche est-elle liée à la présence du Modem dans sa majorité municipale ?
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20 juillet 2007 5 20 /07 /juillet /2007 16:54

Repenser, rassembler, renouveler la gauche, telle est la proposition qu'ont présentée quelques membres du Parti socialiste dans une tribune publiée dans le Monde daté du 5 juillet.
La proposition est ambitieuse et semble porteuse d'espoir, cette tribune précisant" La gauche doit être fière de son identité et de ses valeurs. Face à une droite décomplexée, la gauche ne doit pas s'excuser d'être la gauche et doit proposer un projet de société alternatif, crédible et ambitieux".


Certains points mériteraient certes d'être approfondis, notamment la référence à la logique du quinquennat et l'hyperprésidentialisme, en analysant les conséquences à venir ainsi que les modalités de mise en œuvre de la constitution de la Vème République par les présidents successifs, y compris François Mitterand qui ont conduit à la modification constitutionnelle. Mais la principale question n'est pas là.

Dans le début du texte figure une référence à Gramsci sur la crise, moment auquel le monde ancien disparaît tandis que le monde nouveau peine à naître. Cette référence semble de bonne augure pour la suite, même si citer Gramsci ou Guy Debord semble très en vogue. Mais hélas, ensuite les choses de gâtent.
Si, comme les auteurs le précisent dans le premier paragraphe "Cette profonde rénovation doit être un processus maîtrisé, une oeuvre collective, un débat libre" pourquoi évacuer si vite la question du sens du " réformisme assumé et résolument ancré à gauche" et se contenter d'affirmer "Depuis longtemps, les socialistes ont accepté le cadre de l'économie de marché… la concurrence entre la social-démocratie et le socialisme intransigeant semble anachronique, et ne correspondre ni aux réalités ni aux besoins de notre pays."

Refonder la gauche, oui, mais interrogeons nous sur le sens que nous donnons aux mots que nous employons. Qu'est ce que la gauche aujourd'hui ? La gauche peut-elle se contenter de se définir par auto proclamation ou par positionnement par rapport à la droite ?
L'opposition gauche-droite perd de la visibilité et de la crédibilité. Mais pourquoi s'étonner aujourd'hui de l'entrée de Bernard Kouchner dans le gouvernement de François Fillon ? En 1988 il était membre du gouvernement de Michel Rocard a coté de Michel Durafour, Lionel Stoleru, Olivier Stirn tous trois ayant été membres des gouvernements Chirac ou Barre. Ce flou sur la séparation gauche-droite est présent aussi dans ce texte dont les auteurs affirment qu'il est "indispensable de convaincre les électeurs progressistes du centre de nous rejoindre, en s'adressant directement à eux plutôt qu'aux états-majors du MoDem ".
Rassembler la gauche, mais à quel prix ? Ce rassemblement doit-il se construire sur un calcul électoral d'addition de voix d'un premier tour d'une élection présidentielle dominée par l'absence de débats de fonds et la nécessité, l'impératif démocratique, du vote utile ?

Comment définir la gauche, avant d'envisager de la rassembler ? Le monde nouveau peut il se penser avec les mots du monde ancien qui disparait ?
Le parti socialiste revendique 100 ans d'histoire, depuis la création de la SFIO en 1905 qui était née, ne l'oublions pas d'une volonté de rassembler la gauche.

L’assise idéologique de la SFIO est clairement révolutionnaire et marxiste : "un parti de lutte de classe et de révolution" qui ne renonce pas, néanmoins, à "la réalisation des réformes immédiates revendiquées par la classe ouvrière "(1)
Le changement de vocabulaire en un siècle est saisissant. Mais traduit-il un changement de réalité sociale ?
La disparition de la référence à la lutte des classes signifie-t-elle la disparition des classes ou la disparition de la lutte ?
Si les ouvriers sont proportionnellement moins nombreux, de nouvelles "catégories sociales" sont apparues, se sont développées: employés, agent d'encadrement, mais aussi et de plus en plus largement, précaires ou exclus de l'emploi. Ne devons nous pas nous interroger sur les réformes immédiates qu'ils revendiquent et sur celles qu'ils devraient revendiquer ?

Le choix des mots employés n'est pas une question de style, mais correspond à des choix politiques de fonds. Ne pas nommer un concept revient très vite à nier l'existence de la réalité qu'il décrit. Un parti de lutte de classes n'est pas identique à un parti qui "doit permettre aux individus de mieux vivre ensemble dans la société française" comme le propose le texte du 5 juillet.
Certains vont vivre mieux dans la société  avec la mise en œuvre des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy. Mieux vivre ensemble, certes mais il est impératif de préciser à qui la gauche s'adresse,  et qui a besoin dans l'urgence de mieux vivre. Il y a un siècle la réponse était claire la gauche s'adressait au prolétariat pour construire un monde meilleur.
Le prolétariat aurait-il disparu aujourd'hui ?

Refonder la gauche, oui, mais une refondation politique et théorique sur des bases claires.

 


 

(1) Guillaume Bachelay, http://histoire.parti-socialiste.fr/2006/07/11/allumer-les-etoiles-du-ciel-lunite-et-jaures/

 

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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 19:08

"La profondeur de la crise appelle une révolution" a déclaré Ségolène Royal dans une interview accordé au journal Les Échos le 15 mars 2007. Nous sommes donc d’accord sur un point, même si le choix de ce journal pour annoncer une révolution peut surprendre. Mais de quelle révolution parlons-nous ?

" A condition que la logique soit celle du « gagnant-gagnant », les syndicats sont prêts au compromis social. C’est prometteur" dit Ségolène Royal. Prometteur certes, mais pour qui ? La logique du gagnant-gagnant est certes fort tentante, mais quand il s’agit de partager la valeur ajoutée entre le capital et le travail doit on parler de gagnant-gagnant ou d’antagonismes de classes ? Je me souviens lors de la campagne du référendum d’une retraitée arcueillaise, militante communiste de toujours nous disant "je n’ai peut être pas lu et analysé tout le texte du traité mais quand je vois Ernest Antoine Sellières expliquer avec un immense sourire les avantages de ce texte, je me dis que ce qui est bon pour lui ne peut pas être bon pour moi". Cette analyse me semble plus proche de la réalité que la recherche d’un hypothétique gagnant-gagnant. Certes des compromis sociaux sont toujours possibles, et la signature du protocole concernant les intermittents du spectacle le 26 juin 2003 en est une preuve. L’ampleur et la durée de la mobilisation de la profession et de ses organisations représentatives, le soutien rencontré dans la population sont bien la démonstration de la réalité des compromis sociaux.

Véritable révolution donc, en s’inspirant pour l’insertion professionnelle des jeunes de ce qu’a fait Tony Blair lors de son premier mandat. Véritable révolution donc, en maintenant le taux de prélèvement obligatoire, sans toucher à l’ISF, et donc en finançant les 100 propositions avec les marges de manœuvre sur la réforme de l’État, "Nous devons avoir un État qui fonctionne bien et qui diminue son train de vie...". Pas question de toucher aux 100 milliards d’euros de bénéfices des grands groupes. Pourtant Ségolène Royal est choquée "qu’il y ait autant d’argent, d’un côté, et autant de dégâts sociaux, de l’autre", et en conclut donc qu’il faut rendre "plus transparente la répartition des profits pour qu’ils soient réinvestis au service de l’emploi". La répartition semble déjà très transparente, les profits augmentent et les salaires des stagnent.

Le mot révolution a deux sens le premier étant le Retour d’une planète, d’un astre au même point selon le dictionnaire de l’Académie française. Ne vous trompez pas de sens Madame Royal, les électeurs de gauche ne veulent plus d’alternances qui nous ramènent sans cesse au même point, ils attendent un vrai changement, une vraie révolution oui. Donnons à la gauche les moyens de ses ambitions, osons !

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