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5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 14:11

Le retour des Brigades rouges en Italie (Le Figaro le 14 février), l’Italie s’inquiète du retour d’un climat de violence politique (Le Monde, édition du 17 février, Le retour des Brigades rouges plombe l’Italie (Libération le 16 février).

A la lecture de ces trois articles nous apprenons l’arrestation de 19 personnes en Italie, " ce groupe était devenu suffisamment dangereux pour intervenir sans tarder" écrit Le Figaro. Alfredo Davanzo, serait, selon Libération "l’idéologue de ce groupe qui se démarque des avatars précédents des BR en prônant une ligne "mouvementiste", c’est-à-dire en prise sur les luttes sociales de la gauche radicale.".

Spectre des Brigades rouges, retour des années de plomb...et depuis, un assourdissant silence médiatique. Serait ce un respect du secret de l’instruction ? Les gouvernements ne nous ont pas habitué à un tel comportement. Le 11 mars 2004 le gouvernement espagnol n’a pas hésité à dénoncer l’ETA comme responsable des attentats, avant toute enquête et contre toute logique, sauf politicienne. Pourquoi aucune information ? Sont-ils toujours détenus ? inculpés ? L’enquête durait depuis deux ans. L’arrestation a lieu la veille d’une manifestation contre le projet d’extension de la base militaire américaine de Vicence et au moment où se pose en France la question de la libération conditionnelle des membres d’Action directe qui ont fini de purger leur peine de sûreté, et en Allemagne la même question pour les derniers membres de la Rote Armee Fraktion (dont une ancienne responsable vient d’être libérée, ndlr), avec dans les deux cas la nécessité d’un repentir qui est posée comme préalable. Hasard du calendrier ?

Au-delà de cette question, alors que l’IRA renonce à la lutte armée, que la Rote Armee Fraktion, Action Directe, les Cellules Communistes Combattantes n’ont plus aucune activité depuis des années, pourquoi aujourd’hui un groupe se revendiquant d’une ligne mouvementiste passerait-il à la lutte armée ? N’est il pas surprenant de ne pas avoir entendu un seul "spécialiste" s’exprimer sur le sujet alors qu’habituellement les hommes politiques, experts et spécialistes de tous poils sont conviés à commenter attentats, prises d’otages, échauffourées de fin de manifestation ?

Ce coup de filet serait-il la version italienne des Irlandais de Vincennes, ou pire encore le libéralisme ne serait-il plus surpris de voir ses enfants traités comme des chiens se transformer en loups ?

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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 16:37
Depuis la remise en décembre 2005 du rapport Pébereau sur la dette publique, la question de la dette publique est au cœur du débat politique en France. Le « projet socialiste pour la France »  qualifie le niveau d'endettement public de préoccupant. Le montant est répété sans cesse, 1.100 milliards d'euros de dette publique. « Le paiement de ses seuls intérêts - 40 milliards par an - est le deuxième poste de dépenses de l’État, après l’enseignement scolaire, mais avant la défense ; il absorbe tout le produit de l’impôt sur le revenu » indique Monsieur Pébereau.
Par contre la question de l'endettement des ménages est beaucoup moins évoquée. Pourtant le taux d'endettement des ménages exprimé en pourcentage des crédits sur le revenu disponible brut est passé de 50,5 % en 1994 à 64 % en 2005 selon l'Insee. De plus, pour permettre aux Français de s'endetter plus, en mars 2006 une ordonnance était publiée ouvrant deux nouvelles formes de crédit : l’hypothèque rechargeable et le prêt viager hypothécaire.
L’hypothèque rechargeable donne la possibilité d'un nouvel emprunt une fois le premier prêt en partie amorti. Elle permet d'utiliser l'hypothèque pour garantir un autre crédit que le crédit immobilier initial (financement par exemple des biens de consommation courante ou des travaux à domicile). Le prêt viager hypothécaire doit faciliter l’accès des personnes âgées au crédit bancaire. Il permet d'obtenir un prêt, sous forme d'un capital ou de versements périodiques, garanti par un bien immobilier à usage exclusif d’habitation sachant que le prêt n’est remboursé qu’au décès de l’emprunteur par la vente de son bien.
Il y aurait donc un endettement vertueux, celui des ménages, et un endettement diabolique, celui de l'État.

 

 Ne pourrait on pas regarder l'endettement par l'autre coté ? Que financent l'endettement privé ou public ?
L'endettement des Français sert pour partie à financer l'acquisition de logement et pour partie à financer des biens de consommation, véhicules, électroménager, loisirs... Mais, pour beaucoup, le recours à l'endettement est une recherche désespérée de revenus complémentaires, recours facilité par les organismes financiers qui multiplient les campagnes publicitaires pour trouver de nouveaux clients. Le marché doit être rentable avec des taux sur crédits renouvelables qui dépassent les 18 %. Mais pendant ce temps le nombre de dossiers recevables par le commissions de surendettement est passé de 56.400 en 1995 à 155.946 en 2005.
La dette publique sert à financer les investissements de l'État. Elle a servi notamment à financer les nationalisations d'entreprises après 1981. Ces entreprises que l'État a restructurées, désendettées avant de les revendre au privé ; il serait intéressant d'étudier le bilan financier des ces opérations pour les finances publiques, et donc a contrario le montant des cadeaux financés sur fonds publics fait aux actionnaires privés.
En dehors de ces nationalisations, cet endettement, lié à la faiblesse des ressources fiscales, liée peut être aux baisses successives de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés, sert à financer des équipements publics, infrastructures de transports, investissement dans le domaine de la santé, de la recherche, de l'éducation... mais aussi le financement du Rafale, du char Leclerc...

La vraie différence entre endettement public et endettement privé ne serait-elle pas là, l'un finançant des biens publics l'autre des biens privés et ne retrouve-t-on pas là, encore, une fois, l'opposition entre le développement des services publics et le recours à la réponse privée individuelle ?
Nous sommes là devant un choix de société. Quel développement, quelle croissance voulons nous ?
Nous le constatons tous les jours, les besoins en matière de services publics sont immenses.
L'État ne finance pas le développement d'infrastructures de transport en commun, la seule solution reste trop souvent l'acquisition d'un véhicule pour effectuer le trajet domicile-travail, trajet trop long pour beaucoup en raison de l'absence de logements abordables, l'État ne finançant pas la construction de logement sociaux à hauteur des besoins existants.
Le recensement des équipements sportifs qui vient d'être réalisé par le ministère de la jeunesse des sports et de la vie associative fait apparaître clairement à la fois les besoins de rénovation d'une part importante de ces équipements et le manque d'équipements dans certaines zones. Là aussi, à défaut d'investissements publics la seule possibilité de pratique sera le recours aux entreprises privées et la marchandisation des pratiques sportives, phénomène déjà en œuvre dans le domaine des activités aquatiques…
Et les exemples pourraient être ainsi multipliés.

La seule réponse du capitalisme est une prise en charge individuelle et libre des coûts des réponses apportées à nos besoins.
Au contraire nous voulons construire une société responsable et humaine intégrant un financement collectif, basé sur la solidarité nationale, des besoins collectifs. Dans ce cadre nous devons avoir recours à l'endettement public, endettement contrepartie des investissements réalisés. En effet si l’on prend en compte les actifs physiques publics, les administrations publiques ont une richesse nette (positive) de 31,5 % du PIB.
La question n'est pas de savoir, comme veut nous le faire croire Monsieur Pébereau, quel montant de dette publique nous « léguerons » à nos enfants, mais quel monde nous leur offrirons.

Et enfin, si Monsieur Pébereau fait de nombreuses propositions pour réduire le « poids de la dette », il n'évoque jamais le taux des intérêts, et pourtant la contrepartie du paiement des seuls intérêts dont le montant inquiète tant Monsieur Pébéreau n'est-elle pas le montant des profits financiers réalisées par les détenteurs de capitaux ?

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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 23:41

Angelica Schwall-Düren, vice-présidente du groupe parlementaire SPD au Bundestag chargée des affaires européennes, a publié une tribune intitulée "Français, votre europessimisme nous désespère "dans le Monde daté du 6 février. "J’entends de plus en plus souvent de la bouche de concitoyens français - et même pire : de personnalités politiques que moi-même je croyais "europtimistes" ! - des mots peu amènes sur la construction européenne." Et elle poursuit " le non du peuple français au référendum sur la Constitution européenne avait ébranlé nos certitudes d’une construction européenne rectiligne et (presque) sans rature".

 

Mais Angelica Schwall-Düren précise sa cible, pas les " partis traditionnellement eurosceptiques", mais les " grands partis, ceux sur la base desquels se décide la position de la France à l’échelle internationale". Elle semble oublier que lors du référendum la majorité des Français s’est prononcée contre ces grands partis sûrement pour rester " fidèles à leurs traditions francocentrées". Dans tous les cas petits ou grands partis la voie est toute tracée "c’est aussi une question d’honnêteté intellectuelle : l’avenir sera européen ou il ne sera pas ", l’heure est donc à la réparation et la conclusion est claire " je reste plus que jamais persuadée que le traité constitutionnel européen reste la solution à bien des maux des citoyens et des politiques européens".

 

La question n’est pas comme veut faussement nous le faire croire Angelica Schwall-Düren d’être europessimiste ou eurooptimiste. La vraie, la seule question qui doit nous intéresser est de savoir quelle politique veut-on mener. Et le choix est clair gouverne-t-on pour le patronat ou pour les salariés, il faut choisir soit on baisse l’Impôt de Solidarité sur la Fortune soit on augmente les minima sociaux. Pour moi le choix est clair.

 

L’invocation d’une pseudo communauté d’intérêt européenne ne fait que nous éloigner de cette question fondamentale. Oui, nous avons des intérêts communs avec les salariés, avec les chômeurs, avec les demandeurs d’emploi allemands, slovaques, portugais.. Et, oui le patronat français a des intérêts communs avec les patronats britanniques, belges, grecs.. Mais nous n’avons aucune communauté d’intérêt avec quelque patron que ce soit quelle que soit sa nationalité.

 

Après la première guerre mondiale nous avons déjà connu un phénomène de même nature, mais inversé avec la naissance des nationalismes et des droits des peuples à l’autodétermination. Et il est intéressant de relire ce qu’écrivait quand le PSD avec Kaustsky y voyait le triomphe de la démocratie Rosa Luxembourg " Etat nation et nationalisme ne sont en soi qu’enveloppes vides dans lesquelles à chaque époque et dans chaque pays, les rapport de classe versent leur contenu particulier". Ces nationalismes éloignaient les classes ouvrières de leur tache principale.

 
Chers amis du SPD, ne vous trompez pas cette fois de combat, la question de la construction européenne ne se pose pas dans ces termes, la seule, la vraie question qui doit se poser à nous est celle de construire une alternative radicale à l’économie capitaliste. Prolétaires européens , unissez vous !

 

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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 22:58

Les Enfants de Don Quichotte ont su remettre sur le devant de le scène une question que nous ne pouvions que connaître tous et depuis longtemps. Ils l'ont fait avec une redoutable efficacité et avec le risque non moins redoutable d'usure des médias, qui se souvient, qui se soucie aujourd'hui des expulsés du Squat de Cachan ?
Au delà de ce traitement médiatique, l'étude de la charte des Enfants de Don Quichotte est riche d'enseignement. Partant d'un constat d'inadaptation des réponses actuelles de gestion d'urgence, plusieurs mesures concrètes sont préconisées: ouverture des structures d'accueil 24hs/24hs, 365 jours par an, création d'une offre de logements temporaires, nécessité d'accompagnement social , création de plus de logement sociaux, développement des formes alternatives d'habitat, le dernier article de la charte étant "rendre le droit au logement opposable sur tout le territoire".

Avec ce dernier point nous sortons effectivement de la gestion traditionnelle du traitement des sans domicile. En effet en prônant un droit au logement opposable les Enfants de Don Quichotte surpassent leur père en ne s'attaquant plus à des moulins à vent mais à une éventuelle distinction entre différentes catégories de droits qui reste un point fort de clivage politique.

Le droit, tel qu'il est habituellement conçu, est un ensemble des règles régissant les rapports sociaux, et ayant une force obligatoire. Si la règle de droit n'est pas respectée, une action est possible devant un tribunal pour obtenir le respect de la règle si besoin avec l'intervention de la puissance publique, c'est-à-dire de l'État. Ce caractère obligatoire distingue le droit de la morale, qui, si elle peut être aussi un ensemble des règles régissant les rapports sociaux, n'a aucune force obligatoire.
Lorsque, à la suite de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, des "droits naturels et imprescriptibles de l’homme" ont été reconnus, puis de nouveaux droits ont été conquis tout au long du XIXèmeème, la reconnaissance de ces droits s'est accompagnée de dispositifs juridiques en assurant la force obligatoire.
siècle et au début du XX

Victor Cousin qui fut nommé professeur titulaire à la Sorbonne, membre du Conseil royal de l'Instruction publique, commandeur de la Légion d'honneur, directeur de l'École normale supérieure, conseiller d'État et pair de France, membre de l'Académie des Sciences morales et politiques et enfin élu à l'Académie française après la révolution de 1830, va préciser dans un ouvrage "Justice et charité" paru juste après l'écrasement de la révolution de 1848, une conception du droit. Il distingue en effet entre d'une part ce qui relève du juste et pour lequel une contrainte légale existe, à commencer par le droit de propriété, et d'autre part ce qui relève du charitable pour lequel aucune contrainte autre que morale n'existe: " Vous qui avez faim, je me sens le devoir de vous secourir, et vous n'avez pas le droit d'exiger de moi la moindre partie de ma fortune; et si vous m'arrachez une obole, vous commettez une injustice. Il y a ici des devoirs qui n'ont pas de droit corrélatifs". Cette conception est claire, d'un coté des droits reconnus et maintenus par le recours à la force publique au premier chef le droit de propriété, de l'autre des devoirs moraux, à votre bon cœur m'ssieurs dames… Le droit est le garant de l'ordre établi.

Le préambule de la constitution de 1946, fortement influencé par les travaux du Conseil National de la Résistance, proclame comme particulièrement nécessaires à notre temps, des principes politiques, économiques et sociaux, pour la femme droits égaux à ceux de l'homme, droit d'asile sur les territoires de la République pour tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté, droit d'obtenir un emploi pour chacun… ce texte étant toujours en vigueur le préambule de la constitution actuelle proclamant solennellement son attachement aux Droits de l'homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu'aux droits et devoirs définis dans la Charte de l'environnement de 2004.
Ces droits posent un problème spécifique, en effet bien que reconnus par la constitution il n'existe aucune possibilité de recours devant un tribunal pour les faire concrètement appliquer, des droits non opposables.
Là encore, un grand penseur français, Luc Ferry, professeur de philosophie et ministre de l'Éducation nationale des premier et deuxième gouvernement Raffarin de mai 2002 à mars 2004 a apporté quelques précisions dans la lignée de Victor Cousin.

Dans ses écris avec Alain Renaut, il distingue des droits-libertés ou "droits de", avec notamment le droit de propriété, qui sont des droits garantis et opposables à l'État, et les droits-créances, ou les "droits à" qui ne peuvent être considérés comme de vrais droits. Encore une fois le droit reste le garant de l'ordre établi: pour les possédants le droit de propriété garanti par l'État, pour les autres le droit de demander la charité…

Le droit au logement en France est reconnu par la loi Quillot du 22 juin 1982 "Le droit à l'habitat est un droit fondamental", mais n'est pas opposable, à tel point que le parlement vote une nouvelle loi le 31 mai 1990 visant à la mise en oeuvre du droit au logement. Mais là aussi ce droit n'est concrètement pas opposable.
Cette situation humainement révoltante est politiquement tout à fait normale, le droit conserve sa fonction de maintien de l'ordre social, la question des mal-logés est gérée dans le domaine du caritatif au mieux du social.

Ce qui devient surprenant c'est le ralliement des politiques au droit au logement opposable de Nicolas Sarkozy qui souhaite, lui aussi , rendre "le droit à l'hébergement opposable juridiquement".. à Jacques Chirac qui lors de ses vœux appelle à la mise en place d'un véritable droit au logement opposable, et demande au Gouvernement d'avancer sur ce point dans les toutes prochaines semaines.

Nous ne pouvons que nous réjouir de leur revirement , tout en restant très vigilant sur le contenu effectif de ce droit opposable.

Nous en réjouir et nous étonner aussi de cet engouement soudain, à croire que le problème vient d'apparaître brutalement, alors que de nombreuses associations réclament depuis longtemps ce droit opposable et que le Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées a remis son neuvième rapport au Président de la République en novembre 2003 dont le titre est Droit au logement : construire la responsabilité, rendre opposable le droit au logement pour garantir sa mise en œuvre, intégrer les besoins des handicapés dans les politiques de l’habitat.
Ce rapport notait que la mise en place de l'opposabilité supposait de réunir trois conditions: la première est d’assurer la désignation d’une autorité politique responsable, la seconde est de doter cette autorité de tous les moyens nécessaires pour s’acquitter de son obligation, la troisième est d’établir des voies de recours, amiables et juridiques. Ce constat reste d'actualité trois ans plus tard.

D'où la nécessité d'une grande vigilance, il serait trop facile de se défausser sur les collectivités locales de cette responsabilité sans leurs en donner les moyens financiers. Une proposition de loi a déjà été déposée ce 2 janvier 2007 par un député UMP instituant un droit au logement opposable. Le premier article de cette proposition est le suivant :" Le droit de chacun à un logement décent et indépendant est un droit opposable à l'État dans les conditions prévues par la présente loi.".Mais la demande est présentée et traitée par le maire de la commune "agissant au nom de l'État", il "propose sans délai un hébergement provisoire, soit dans la commune, soit, en cas d'impossibilité, dans la commune la plus proche". Nous voyons bien là un des risques majeurs. En effet de nombreuses communes, qui refusent toujours de construire des logements sociaux, malgré l'obligation d'atteindre un seuil de 20% fixé par la loi SRU du 12 décembre 2000, pourront s' affranchir ainsi de cette contrainte, laissant à d'autres le soin de gérer et financer ce droit relevant pourtant de la solidarité nationale.

Et n'oublions pas non plus que pour rendre "le droit à l'hébergement opposable juridiquement" il existe un axe de travail simple, éminemment humain et déjà mis en place par quelques trop rares municipalités: l'interdiction des expulsions. C'est bien le gouvernement actuel qui a demandé en justice l'annulation de tous les arrêtes anti expulsion pris par des maires. Pour régler le problème des personnes sans domicile commençons par ne pas en jeter de nouvelles à la rue.

Au-delà du droit au logement, l'opposabilité ne devrait-elle être pas la règle pour l'ensemble des "droit-créances" qui deviendraient ainsi de véritables droits, droit au travail, droit à l'éducation, droit à la santé….?
Droits opposables oui, mais c'est un véritable choix politique qui définit une nouvelle société et réclame les moyens financiers correspondants.

 

 
 
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11 janvier 2005 2 11 /01 /janvier /2005 12:33

Les montants d'aide à l'Asie du Sud Est sont annoncés tous les jours en hausse, aide venant des particuliers, des entreprises, des Etats. Peut être pour une fois les aides seront elles à la hauteur des dégâts.

Mais ces montants annoncés doivent susciter aussi de nombreuses questions.

Les montants eux-mêmes doivent être relativisés, "les efforts incroyables doivent devenir la norme humanitaire" a affirmé Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations Unies;  "en 2004, nous avons reçu 5,8 milliards de dollars pour les 100 pays dans lesquels nous avions des opérations. 20 d'entre eux ont des urgences équivalentes à un tsunami. Si l'on estime que ces 5,8 milliards de dollars correspondent à 2 jours de dépenses militaires mondiales et qu'on les divise par le nombre d'urgences, ce n'est pas un chiffre très impressionnant ".

De plus, et l'exemple du séisme survenue en Iran dans la région de Bam est là pour le rappeler l'écart est grand, monstrueux, entre les montants d'aide annoncés et les montants effectivement perçus sur le terrain.

De la même façon, il ne faudrait surtout pas que ces montants viennent en diminution des autres crédits destinés à l'aide internationale, ce serait là une terrible nouvelle notamment pour certains pays africains.

La solution semble donc simple, il convient d'augmenter les montants destinés à l'aide internationale, aide humanitaire, aide au développement. Mais la question du financement de cette aide va se poser très vite, peut-on concilier l'ultralibéralisme qui veut toujours moins d'Etat avec cette augmentation ? Les chantres du libéralisme vont nous proposer de laisser là aussi la main invisible du marché, ou du business de la charité internationale agir. Ne nous y trompons pas, cette réponse ne sera pas suffisante dans la durée, les mobilisations médiatiques sont de courte durée et versatiles, et de plus, les versements individuels sont aussi partiellement financés par l'Etat par le jeu des avantages fiscaux qui y sont liés.

D'autres solutions sont proposées aujourd'hui prélèvement fiscal mondial exceptionnel, taxation exceptionnelle des mouvements financiers…. Ces propositions sont certes à étudier, mais présentent toutes la particularité d'être exceptionnelles, ponctuelles, mais alors que deviendrait l'aide après l'Asie du Sud Est, le Darfour, le Bengladesh devront ils attendre un raz de marée causant de nombreuses victimes occidentales, pour voir arriver les journalistes préludes à l'aide "exceptionnelle".

D'autre part ces propositions ont le défaut de n'être pas immédiatement applicables. Quel temps prendrait la mise en œuvre d'un prélèvement mondial ? et même au plan national quel temps prendrait la mise en œuvre concrète d'une telle décision ? Nous savons bien les difficultés de mise en place d'une nouvelles disposition législative et les capacités de lobbying du Medef.

Pourquoi alors ne pas s'appuyer sur les dispositifs existants ? Ils ont l'avantage d'être prêts à fonctionner, parfaitement opérationnels et les montants attendus faciles à estimer. Relevons les taux des tranches supérieures de l'impôt sur le revenu et relevons le taux d'imposition de l'impôt de solidarité sur la fortune.

Faisons payer les riches ? Chiche !

 

Une autre question semble terriblement absente du débat, une aide pour reconstruire, mais pour reconstruire quoi ?

La solution cohérente avec la mondialisation est bien sûr de reconstruire ce qui existait, une Asie du Sud Est tournée vers le tourisme, vers un type de tourisme consumériste, et vers la culture de produits d'exportation.

Est ce cela le monde que nous voulons ?

La réponse ne doit elle pas être élaborée avec les populations locales, avec les associations, syndicats, coopératives, groupements que ces populations se sont données ou se donneront plutôt qu'avec les experts internationaux dont les populations de nombreux pays ont souffert de la mise en œuvre de leurs décisions bien évidemment ultra libérales.

Ne devons nous pas mettre en avant une agriculture tournée vers les productions vivrières développées par les petits producteurs locaux ?

Ne devons nous pas mettre en avant un tourisme respectueux de l'environnement et des populations locales, un tourisme de découverte de l'autre, de sa culture et non pas un tourisme tourné exclusivement vers les plages ou le sexe ?

 

Nous ne pouvons pas continuer à construire une société fondée sur la paupérisation de régions entières du monde. Aujourd'hui, la question d'une reconstruction de pose, ne laissons pas passer cette occasion d'imposer d'autres choix, d'autres logiques.

 

Les damnés de la terre demandent justice, choisissons notre camp.

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27 décembre 2004 1 27 /12 /décembre /2004 10:34

A la suite du tremblement de terre de Lisbonne en 1755, le roi du Portugal Joseph 1er s’interrogeant sur la conduite à tenir, son secrétaire lui fit la réponse suivante " Sire, nous devons enterrer les morts et nourrir les vivants"

Aujourd'hui, la situation est tragiquement la même et l'urgence est à la mobilisation. De nombreux pays ont déjà annoncé le déblocage d'aide d'urgence, les ONG se sont mobilisées et collectent des fonds.

Mais cela ne doit pas nous faire oublier une triste réalité "Une catastrophe de cette ampleur sans précédent devrait être suivie d'une générosité également sans précédent" a affirmé Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations Unies, qui s'est déclaré pessimiste quant aux contributions pour l'année à venir.  Il a souligné que, "dans une économie en croissance", aucun pays n'avait atteint un taux d'aide publique au développement correspondant à 1% de son PNB, seuls les pays nordiques et les Pays-Bas ayant dépassé le taux de 0, 7%.

Si nous devons saluer le travail accompli sur le terrain par les nombreuses associations présentes et relayer leurs demandes urgentes de don, il importe de rappeler que la solidarité est de la responsabilité des Etats, de tous les Etats et en premier lieu des plus riches , et ce d'autant plus que cette catastrophe a frappé des populations pauvres.

Nous devons aussi exiger que toutes les populations puissent bénéficier de cette aide internationale, et que tous les Etats prennent les mesures nécessaires, notamment l'Indonésie dans la région d'Aceh sous loi martiale ou en état d'urgence depuis mai 2003, en raison des luttes entre le Gouvernement et des mouvements séparatistes.

De même nous devons rappeler notre condamnation des mines antipersonnelles qui, déplacées par les eaux, vont maintenant menacer la vie des secouristes et des survivants au Sri Lanka.

 

 

Au-delà du traitement de l'urgence, cette catastrophe doit nous amener à nous interroger. Après le tremblement de terre de Lisbonne Rousseau écrivait " Sans quitter votre sujet de Lisbonne, convenez, par exemple, que la nature n’avait point rassemblé là vingt mille maisons de six à sept étages, et que si les habitants de cette grande ville eussent été dispersés plus également, et plus légèrement logés, le dégât eût été beaucoup moindre, et peut-être nul".

La même question se pose aujourd'hui. Les Nations Unies ont déploré l'absence d'un système d'alerte aux raz-de-marée dans l'océan indien;  le coût en aurait-il été trop élevé pour des vies humaines en Inde, au Sri Lanka, en Indonésie, en Thaïlande, aux Maldives, au Bangladesh, au Myanmar ?

Le Bangladesh est victime très régulièrement d'inondations meurtrières.

Lors du tremblement de terre à Alger en 2003 de nombreux morts auraient déjà pu être évités si les bâtiments avaient été construits en respectant les normes antisismiques.

 

Les catastrophes naturelles tuent, mais elle sont beaucoup plus meurtrières quand elles frappent les populations les plus démunies, quand ces populations vivent dans des régions à risques sans que ces risques soient intégrés dans les contraintes d'urbanisme et d'architecture.

Accepterons nous encore longtemps de laisser la "main invisible du marché" décider des conditions de vie et de morts de milliers, de millions d'êtres humains ?

"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits., toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires" proclament les articles 1 et 25 de la déclaration universelle des droits de l'homme, mais à la suite de la catastrophe de Bhopal les indemnités versées aux victimes indiennes se situaient entre 370 et 533 dollars.

 

Nos valeurs sont autres, le monde n'est pas à vendre il appartient à l'ensemble de l'humanité, il est urgent de réagir, l'être humain doit être au centre de nos préoccupations et non pas le profit financier.

Mobilisons nous tous pour aider les victimes de cette catastrophe, mais n'oublions pas que le plus bel hommage que nous puissions leur rendre est de poursuivre le combat pour permettre à chaque être humain de vivre dans des conditions décentes.

La lutte sera longue.

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