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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 18:22

Depuis l'annonce de la mort d'Aimé Césaire, les hommages se succèdent, que pourrais je ajouter à tout ce qui a été dit et écrit ?

Tous louent dans un bel unanimisme son engagement, son courage, son talent, son génie… Et pourtant, combien sont-ils à l'avoir lu, entendu, écouté ? et combien sont-ils à l'avoir lu, entendu, écouté dans les années 40 et 50 ?

Et parmi ceux qui applaudissent ses combats contre le colonialisme, affirmant sa négritude, combien pensent que ces questions appartiennent au passé ?

Le 24 octobre 1956 Aimé Césaire écrivait une longue lettre de démission du Parti Communiste Français. Cette lettre est disponible sur de nombreux sites internet dont celui de l'Humanité (1).

Il est dommage qu'en octobre 1956 elle n'ait pas fait l'objet d'une telle publication. Mais les questions que soulèvent Aimé Césaire sont toujours largement d'actualité, des pratiques démocratiques au sein des partis au "fraternalisme" envers les peuples "attardés". Ces questions posées avec une telle lucidité interpellent aujourd'hui les communistes mais aussi toute la gauche.

Le plus bel hommage que l'on puisse rendre à Aimé Césaire aujourd'hui ne serait-il pas de répondre, enfin, à sa lettre ?



 

 (1) http://www.humanite.fr/La-lettre-de-Aime-Cesaire-a-Maurice-Thorez


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Publié par Jean-Michel Arberet - dans Inclassables et-ou inclassés
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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 23:12
"On dit que les clivages droite-gauche s'affaiblissent. Ce n'est pas seulement l'affaissement des idéologies. C'est aussi parce que 80 % des communautés d'agglomération sont cogérées par la droite et la gauche. Et comme cela fonctionne, cela a un impact sur les gens." Cette déclaration de François Rebsamen, président du Grand Dijon et maire (PS) de la ville est citée dans un article de Luc Bronner paru dans le Monde du 21 février.

Nous serions donc passés d'une " démocratie assez brutale" qui était celle des conseils municipaux à " une structure intercommunale, amenée à fonctionner, à l'européenne, par négociation, par consensus".

Le fonctionnement du conseil municipal serait assez brutal, peut être, mais l'affrontement entre deux conceptions politiques n'est pas une aimable conversation autour d'une tasse de thé. La véritable question posée par le fonctionnement au sein des communautés d'agglomération, et de toute les autres structures intercommunales, n'est elle pas de gérer ces structures en fonction des options politiques sur lesquelles nous avons été élus et non pas en représentant d'une collectivité défendant farouchement son territoire.
Le parallèle fait dans cet article entre les communautés d'agglomération et le fonctionnement européen est à cet égard significatif. Si nous voulons faire vivre nos idées et donner du sens au clivage droite-gauche, nous devons nous donner les moyens de réfléchir et d'agir à tous les niveaux de décision politique, les niveaux traditionnels, communes, départements, états, qui structurent aussi nos organisations mais aussi les niveaux plus récents, agglomérations et structures intercommunales, régions, Europe.

Mais si nous voulons faire vivre nos idées de gauche il faut aussi s'interroger sur les partenariats que l'on noue. Peut être la difficulté pour François Rebsamen de voir un clivage fort entre la droite et la gauche est-elle liée à la présence du Modem dans sa majorité municipale ?
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Publié par Jean-Michel Arberet - dans Gauche-Droite
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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 12:51

Messieurs,

 
J'ai eu l'occasion à quelques reprises de publier un texte sur votre site, aussi j'ai voulu publier une lettre ouverte à Marie-George Buffet jeudi 3 avril dans la nuit
L'opération semblait s'être bien passée, mais au matin ma contribution, http://bellaciao.org/fr/spip.php?article64253  avait disparue de votre site.
J'ai donc essayé à nouveau de publier cette contribution, et là aussi la contribution http://bellaciao.org/fr/spip.php?article64261 disparaît très vite.
Je vous ai alors adressé un mail vous demandant des précisions ce même
vendredi à 12heures 36. Ce mail est resté sans réponse.

J'ai donc essayé de publier cette contribution une troisième fois, http://bellaciao.org/fr/spip.php?article64320 avec le même résultat.

Pas encore découragé, j'a fait une quatrième tentative, samedi 5 avril vers 19 heures, http://bellaciao.org/fr/spip.php?article64339 avec, là, un nouveau résultat
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article64339

samedi 5 avril 2008 (19h18) :

Lettre ouverte à Marie-George Buffet

modéré a priori

C'est la première fois que je vois un article modéré à priori. Doit-on voir là un lien avec les trois tentatives infructueuses de publication au préalable ?

La publication est restée une partie de la soirée ainsi non accessible, générant quelques commentaires. Certains commentaires, indiquant une adresse où le texte était visible étaient aussi modérés à priori. La "contribution" a finalement disparue après que, dans un commentaire ait été copié le texte intégral de ma contribution.

Dans la rubrique "qui sommes nous ?" de votre site vous indiquez cultiver un projet politique qui inclut "Mettre à disposition un espace libre pour la publication quotidienne d'articles et de réflexions sur des problèmes internes et internationaux" .

J'aimerais connaître les raisons qui ont amené à refuser ma contribution, dans votre espace libre. Certains sujets n'auraient ils pas le droit d'être traités ?

"Est-il encore possible de s’exprimer au "Pays des Droits de l’Homme ?" Ecriviez vous dans la pétition que vous avez lancée suite à la publication d’un communiqué de l’USM-CGT (ST Nazaire).

 J'espère une réponse.

 

 

 
PS Cette contribution a été mise en ligne ce matin sur le site de Bellaciao, et a été immédiatement supprimée.

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 23:49

Chère Marie-George,

J'ai lu avec intérêt le texte de ta conférence de presse du 28 mars sur la situation internationale au Tibet et les Jeux olympiques.(1)

Si je me retrouve sur certaines de tes positions, je reste en opposition avec d'autres.

Dès le début de ton intervention tu parles de " ce qui se passe aujourd’hui au Tibet et sur l’opportunité ou pas de boycotter les prochains jeux olympiques de Pékin en 2008". Je ne peux qu'approuver ta condamnation de la répression et ton rappel que " le droit à la parole, le droit à vivre dans le respect de leur culture, le droit à vivre dignement valent pour les Tibétains comme pour tous les citoyens chinois." Cependant si tu cites à cet instant tous les citoyens chinois ton intervention reste très largement axée sur le Tibet.

Effectivement de nombreuses prises de positions récentes concernant le boycott des Jeux ou de la cérémonie d'ouverture sont apparues lorsque la situation au Tibet s'est dégradée récemment.

Mais la question des Jeux à Pékin avait été posée bien avant par différentes associations.

Si je cite ici Reporters sans frontières cela ne signifie nullement que j'approuve ou je soutienne la totalité des positions de cette organisation ou de son président, c'est simplement parce que c'est une des premières associations à avoir posé la question des conditions dans lesquelles se dérouleraient les Jeux de Pékin.

Reporters sans frontières donc a formulé neuf demandes:
Libération de tous les journalistes et les internautes emprisonnés en Chine pour avoir exercé leur droit à l’information.
Abolition définitive des articles restrictifs du Guide des correspondants étrangers qui limitent la liberté de mouvement et de travail des médias.
Dissolution du Département de la publicité (ex-département de la propagande) qui contrôle quotidiennement le contenu de la presse chinoise.
Fin du brouillage des radios internationales.
Fin du blocage de milliers de sites Internet d’informations hébergés à l’étranger.
Suspension des "11 commandements du Net" qui instituent la censure et encouragent l’autocensure des informations diffusées sur le web.
Abolition des listes de journalistes et militants des droits de l’homme interdits de séjour en Chine.
Fin de l’interdiction imposée aux médias chinois d’utiliser sans autorisation officielle les images et les informations des agences de presse internationales.
Légalisation des associations indépendantes de journalistes et des organisations de défense des droits de l’homme.

Le collectif Chine JO 2008 a pour sa part formulé huit revendications:
libérer les personnes emprisonnées depuis les manifestations de Tiananmen (1989) et tous les prisonniers d’opinion;

mettre fin au contrôle de l’information, y compris sur Internet;
suspendre les exécutions sur tout le territoire chinois en vue d’aboutir à l’abolition de la peine de mort;
supprimer la détention administrative;
mettre un terme à la pratique de la torture;
permettre la constitution de syndicats libres et indépendants;
supprimer l’article 306 du code pénal, qui permet la répression contre les avocats;
mettre fin aux expulsions forcées des citoyens de leur logement ou de leurs terres.

Aucune de ces questions ne concerne spécifiquement le Tibet et elles ne concernent que des problèmes d'application des droits humains.

Quand tu exiges " le courage de rappeler aux autorités chinoises leurs responsabilités de grande puissance mondiale" c'est ne n'est pas simplement à la question du Tibet qu'il doit être fait référence mais aussi à la question des droits humains en Chine.

C'était le sens de ton intervention dans ta conférence de presse du mercredi 20 février, où tu invitais " les autorités chinoises à profiter de cet événement mondial pour prendre des mesures fortes en matière de promotion des droits de l’homme et de la démocratie en Chine."(2)

Tu critiques aussi les politiques qui préfèrent déléguer au mouvement sportif le soutien aux droits humains pour faire oublier qu’ils ne font rien.

Tout d'abord ce reproche aux politiques de ne rien faire, nous devons en prendre notre part. Quand avons nous interpellé sur la situation des droits humains en Chine, quand avons-nous, par exemple, rappelé que la peine de mort existe toujours en Chine et que le nombre de condamnations et d'exécutions relève du secret d'Etat ?

Ne pas déléguer au mouvement sportif, mais quand tu rappelais le 20 février " que le mouvement sportif et olympique s’était fixé des règles qu’il fallait respecter", ne faudrait-il pas auparavant s'interroger sur la légitimité de ces règles ?

Ces règles ont conduit à sanctionner en 1968 les Américains Tommie Smith et John Carlos  1er et 3ème  au 200 mètres pour avoir protesté contre la ségrégation raciale aux États-Unis en baissant la tête et en pointant, lors de l'hymne américain, leur poing ganté de noir vers le ciel, sur le podium de la remise des médailles, et Peter Norman, australien,  médaille d'argent pour avoir porté un insigne de soutien à leur cause.

"Le mouvement sportif, je pense notamment à cet appel d’athlètes français au président chinois refusant et le silence et le boycott, est en train de démontrer son esprit de responsabilité, son intelligence, ses valeurs humanistes." Oui, mais comment concilier cet esprit de responsabilité, cette intelligence et ces valeurs humanistes avec cette idéalisation de Jeux olympiques hors du temps, hors des réalités du monde qui les entourent. La charte olympique (3) indique dans les principes fondamentaux de l'Olympisme " La pratique du sport est un droit de l'homme". C'est bien visiblement le seul que le CIO veuille bien reconnaître. Quelle sera notre position si un athlète violant délibérément la règle 51-3 de la charte olympique "Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique…n'est autorisée dans un lieu, site .. olympique", règle qui n'a pas empêché par contre l'arrivée en 1936 aux Jeux de Berlin de la flamme olympique dans un stade pavoisé d'oriflammes frappées de la croix gammée ?

Si nous en appelons à l'esprit de responsabilité, l'intelligence, et les valeurs humanistes du mouvement sportif il importe aussi d'affirmer que nous les soutiendrons dans toutes les formes d'expression qu'ils choisiront d'utiliser.


Enfin il faut continuer à interpeller les dirigeants du CIO sur les modalités de choix et sur la cohérence entre les informations figurant dans les dossiers de candidature et la réalité. Le rapport de la commission d'évaluation du CIO pour les jeux de la XXXIXe Olympiade en 2008 précise en page 73 (4), "Il a été confirmé à la commission que les reportages médiatiques et les déplacement des journalistes au cours de la période précédent les Jeux Olympiques et durant les Jeux ne seraient soumis à aucune restriction."

Connaissant la sincérité de ton engagement et ton combat pour les droits humains, reçoit chère Marie-George, mes chaleureuses salutations.

 



(1)http://www.pcf.fr/spip.php?article2668

(2)http://www.humanite.fr/2008-02-22_Sports_L-essentiel

(3)http://multimedia.olympic.org/pdf/fr_report_122.pdf

(4)http://multimedia.olympic.org/pdf/fr_report_299.pdf

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Publié par Jean-Michel Arberet - dans Sport et ...
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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 00:40

Les conseils municipaux de ces deux communes avaient voté un vœu respectivement en octobre 2004 et en février 2005, déclarant leur territoire hors AGCS et demandant un moratoire sur les négociations en cours.

Le préfet de l'Allier, visiblement choqué d'un tel comportement, avait saisi le tribunal administratif pour obtenir l'annulation de ces deux délibérations. Le tribunal administratif ne lui ayant pas donné raison, il a fait appel et la cour administrative d'appel de Lyon vient d'annuler ces deux délibérations le 13 décembre 2007. (1)

Le commissaire du gouvernement avait argumenté dans ce sens. Il a souligné "l'incongruité de la prise de position des communes, sombrant dans le complexe du village gaulois résistant encore et toujours…", ce haut fonctionnaire de l'Etat montrant là le respect qu'il porte aux représentants démocratiquement élus.

L'argument principal mis en avant est que ces délibérations ne sont pas de simples vœux au sujet desquels le commissaire du gouvernement nous indique, en s'appuyant sur une citation d'un des confrères, " sauf exception, ces vœux sont donc des aveux d'impuissance du conseil municipal qui, faute de pouvoir décider dans des domaines situés hors de sa compétence, se contente d'exprimer ses inquiétudes, de souhaiter, de demander, de réclamer, d'exiger". Je pense que là aussi les élus locaux pourront apprécier la haute estime qui est portée à leurs travaux et leur délibérations.

Les délibérations en cause ne sont donc pas de simples vœux, le commissaire du gouvernement souligne en effet que "les conseils municipaux ont très clairement émis le vœu que ne soient pas respectés des conventions internationales". C'est effectivement le sens des vœux pris par de nombreux conseils municipaux en France.

Ces délibérations sont donc annulées car elles constituent une décisions "permettant de fonder ultérieurement des décisions d'interdiction d'exploiter des services selon les modalités qui résulteraient de la ratification d'un accord international engageant la France…"

Cette décision constitue assurément un mauvais coup notamment pour les deux communes de Bellenaves et d'Autry-Issards.

Mais en relisant les deux arrêts, ne pouvons nous pas en déduire, à contrario, que dans les communes où de tels vœux n'ont pas été annulés, il sera possible de se fonder sur ces délibérations des décisions d'interdiction d'exploiter des services selon les modalités qui résulteraient de la ratification de l'AGCS ?



(1) AJDA n°9-2008 p 461.

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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 23:03

Monsieur le président du Comité National Olympique et Sportif Français,

J'ai lu votre interview dans l'Humanité du 22 mars.
Interrogé sur un éventuel boycott des jeux olympiques à Pékin vous déclarez " Je le dis clairement, un boycott n’a jamais rien amené" vous ajoutez ensuite "le mouvement sportif ne doit pas sortir de ces responsabilités qui sont d’abord d’organiser les Jeux dans les meilleures conditions matérielles…Et puis, la charte olympique impose des règles comme celle qui interdit de s’immiscer dans les politiques des pays qui nous reçoivent. Ensuite, on devrait positiver sur le message de paix que constituent les JO".

Et vous allez encore plus loin "Si on en arrive à la situation de Moscou, si le gouvernement français change de point de vue, je ferai en sorte d’organiser le déplacement à Pékin. Même s’il n’y a que quinze athlètes à vouloir y aller".

Votre position n'est pas surprenante et est dans le droit fil des positions du CIO qui ne se mêle pas effectivement des politiques des pays qui reçoivent.

Les Jeux Olympiques de 1936 se sont déroulés à Berlin sans que le CIO ne semble se poser encore aujourd'hui la moindre question. Le site internet du CIO nous rappelle que l'ouverture officielle des jeux fut faite par le chancelier Adolf Hitler (1), et sur les 31 photos présentes sur le site, nous ne pouvons manquer l'arrivée le 1er   Le site du CIO ne va pas jusqu'à préciser que lors de cette cérémonie les 100 000 spectateurs assistèrent dans un premier temps au défilé des brigades de la jeunesse hitlérienne et que certaines délégations nationales firent le salut olympique (qui ressemble au salut hitlérien), notamment la France et la Grèce. août 1936 de la flamme olympique au Lustgarten pavoisé de croix gammées et sur un autre cliché l'entrée des membres du CIO et du chancelier Adolf Hitler au stade olympique lors de la cérémonie d'ouverture.
Après une telle prestation dans la capitale du IIIème Reich, la question du boycott en effet n'a plus vocation à se poser.

Pour éviter toute incompréhension et que les lecteurs comprennent que les sportifs ne s'immisceront pas  dans la politique chinoise vous précisez que si un athlète français monte sur le podium à Pékin et brandit alors un drapeau du Tibet "Il sera sanctionné directement par le CIO parce qu’il a failli aux règles qu’il a accepté : le respect de l’adversaire donc aucune manifestation d’aucune sorte, religieuse par exemple, pendant l’évènement.."
Là aussi, aucune surprise dans votre position, déjà en 1968, le CIO avait sanctionné les Américains Tommie Smith et John Carlos  1er et 3ème au 200 mètres pour avoir protester contre la ségrégation raciale aux États-Unis en baissant la tête et en pointant, lors de l'hymne américain, leur poing ganté de noir vers le ciel, sur le podium de la remise des médailles. Ils ont été tous les deux exclus des Jeux.
Peter Norman, australien,  médaille d'argent n'a eu lui "que" un avertissement pour avoir avait soutenu Tommie Smith et John Carlos en portant un insigne de soutien à leur cause.
Par contre, le CIO ne s'était pas ému outre mesure du massacre de Tlatelolco qui a eu lieu à Mexico dix jours avant l'ouverture des jeux.

"On ne doit pas nous demander d’endosser les responsabilités des politiques et notamment de l’ONU" dites vous Monsieur le président, mais vous ajoutez "Pour moi, les JO doivent être un accélérateur de la résolution d’un « conflit » qui dure depuis 50 ans entre la Chine et le Tibet." Je ne reviendrai pas sur la qualification de "conflit entre le Tibet et la Chine" de la situation actuelle au Tibet. Mais le choix de Pékin n'est il pas un choix éminemment politique. Et comment en pleine discussion sur les Jeux de Pékin qualifier la décision annoncée par président du CIO, Jacques Rogge le 21 février dernier de choisir pour accueillir les 1er Jeux Olympiques de la Jeunesse d’été en 2010 Singapour, autre symbole fort du respect des droits de l'Homme.

Enfin vous indiquez "ce qui me scandalise aussi, c’est qu’on ait pu transformer les cinq anneaux olympiques, symbole de paix, en cinq menottes." faisant ainsi référence à la campagne d’affichage de Reporters sans frontières. Ce qui me scandalise Monsieur le président c'est qu'on ait pu installer ces anneaux olympiques, symbole de paix à Pékin sans se poser plus de question, en se contentant de déclarer " Je rappelle aussi que l’ONU a accepté le principe de la trêve olympique, qu’au moins pendant la période des jeux, les belligérants sur l’ensemble de la planète puissent au moins déposer les armes"
Pour l'instant comme vous le devez le savoir la répression au Tibet s'intensifie.
Et quant aux Jeux Olympiques occasion pour la Chine d'aller vers plus de respect des droits de l'Homme il semble bien qu'il n'en soit rien. Amnesty international dans son dernier dossier "Les droits humains en Chine et les Jeux olympiques de Pékin" indique " Des changements positifs ont certes eu lieu depuis (réforme du système de la peine capitale, plus grande liberté d’information pour les journalistes étrangers, par exemple), mais ils sont occultés par la détérioration de la situation dans d’autres domaines. Les Jeux servent de prétexte pour justifier le développement du recours à la détention sans jugement à Pékin dans le cadre du « nettoyage » de la ville avant le début des JO en août 2008. Les militants des droits humains sont ainsi de plus en plus souvent soumis à des actes de harcèlement, à des placements en résidence surveillée et à des procès inéquitables." (2)

Le sport n'est pas isolé du reste de la société, le sport est aussi un en,jeu d'image, un enjeu politique un enjeu commercial.
Pouvons nous accepter que l'image donnée de la Chine lors de ces Jeux Olympiques soit celle aseptisée autorisée par le gouvernement chinois ?
Pouvons nous accepter que les compétitions sportives aient lieu pendant que les caméras et les micros ignorent la répression au Tibet et les militants des droits de l'Homme poursuivis en Chine ?
N'est il pas suffisant d'avoir accepté de faire du sport sous les croix gammées ?
Nous ne pouvons pas dire aujourd'hui que nous ne savons pas.

Certains nous accusent déjà de prendre les sportives et les sportifs en otages. C'est inverser la question de la responsabilité, c'est le CIO qui a choisi d'envoyer les sportives et les sportifs à Pékin, et la décision a été prise en connaissance de cause.
Le sport a des valeurs, le sport peut avoir des valeurs, mais je ne crois pas que ce soient celles que portent les grandes sociétés françaises dont vous souhaitez l'engagement dans un comité de soutien au sport, ou les grands groupes internationaux sponsors des jeux olympiques. Ces derniers voient dans la Chine un immense marché à conquérir et souhaitent des jeux aseptisés.
Le sport peut porter et doit porter d'autres valeurs, de respect de soi, de respect de l'adversaire, de respect des spectateurs et de respect de la société dans laquelle il se développe.

Je soutiens les neuf demandes de Reporters sans frontières:
libération de tous les journalistes et les internautes emprisonnés en Chine pour avoir exercé leur droit à l’information;
abolition définitive des articles restrictifs du Guide des correspondants étrangers qui limitent la liberté de mouvement et de travail des médias;
dissolution du Département de la publicité (ex-département de la propagande) qui contrôle quotidiennement le contenu de la presse chinoise;
fin du brouillage des radios internationales;
fin du blocage de milliers de sites Internet d’informations hébergés à l’étranger;
suspension des "11 commandements du Net" qui instituent la censure et encouragent l’autocensure des informations diffusées sur le web;
abolition des listes de journalistes et militants des droits de l’Homme interdits de séjour en Chine;
fin de l’interdiction imposée aux médias chinois d’utiliser sans autorisation officielle les images et les informations des agences de presse internationales;
légalisation des associations indépendantes de journalistes et des organisations de défense des droits de l’Homme.

Je soutiens également  les huit revendications du Collectif Chine JO 2008:
libérer les personnes emprisonnées depuis les manifestations de Tiananmen (1989) et tous les prisonniers d’opinion;
mettre fin au contrôle de l’information, y compris sur Internet;
suspendre les exécutions sur tout le territoire chinois en vue d’aboutir à l’abolition de la peine de mort;
supprimer la détention administrative;
mettre un terme à la pratique de la torture;
permettre la constitution de syndicats libres et indépendants;
supprimer l’article 306 du code pénal, qui permet la répression contre les avocats;
mettre fin aux expulsions forcées des citoyens de leur logement ou de leurs terres.

Monsieur le président, je vous demande d'intervenir afin que les JO de Pékin se soient pas la vitrine aseptisée que souhaite le gouvernement chinois mais au contraire une fenêtre ouverte sur la Chine,une occasion pour toutes les Chinoises et tous les Chinois de s'exprimer et pour les journalistes de découvrir la réalité de la Chine et notamment du Tibet.
Dans le cas contraire, Monsieur le président, je soutiendrai toutes les initiatives qui se prendront avant et pendant les Jeux Olympiques pour sortir du silence que le CIO et le gouvernement chinois voudraient imposer et mettre en avant la question des droits de l'Homme et les droits de la Femme, singulièrement le droit de naître.
Je soutiendrai toute sportive ou tout sportif qui serait sanctionné pour avoir pris publiquement position dans ce sens, et notamment, pour ne pas pénaliser les sportives et les sportifs pris en otages par le CIO, je soutiens le boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques.

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Publié par Jean-Michel Arberet - dans Sport et ...
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27 décembre 2007 4 27 /12 /décembre /2007 20:07

En ouverture des Etoiles du Sport Le secrétaire d'état chargé des sports Bernard Laporte s'est entretenu avec des journalistes, le 17 décembre 2007 à La Plagne.

Il a notamment déclaré "On s'aperçoit que dans les quartiers dits sensibles ou les zones rurales, il y a beaucoup d'enfants qui n'ont malheureusement pas accès à cette grande famille du sport. Il faut donner des moyens, organiser des initiatives pour développer tout cela…Comme l'a indiqué le Président de la République. Il ne faut pas attendre que l'on nous donne de l'argent mais aller le chercher. Il faut que nous soyons des commerciaux plutôt que d'attendre après l'Etat".

Monsieur Laporte devrait lire de plus près les publications de son ministère. En effet son bulletin de statistiques et d'études de novembre 2007 fournit des indications sur le paysage associatif français. Pour le secteur sportif les financements provenant de l'Etat représentent 4% des ressources, contre 20% pour les communes, 38% pour les cotisations, 23% pour les recettes d'activités privées. Je ne pense pas dans ces conditions que l'on puisse penser que le secteur associatif privé attende après l'Etat !

Mais monsieur Laporte pourrait aussi prendre l'avis de ses amis politiques, par exemple Jacques Thouroude, président de l'Association nationale des élus en charge du sport, adjoint au maire UMP de Castres, qui vient de déclarer dans les Echos "Avec 8 milliards de la dépense sportive, 1,2 milliard de subventions octroyées aux associations et la propriété de 80 % des équipements sportifs du territoire national (plus de 200.000), les communes et leurs communautés sont les premiers financeurs publics du sport en France". L'ANDES qui dans sa lettre d'information du 12 octobre 2007 rappelait la dépense sportive en France était assurée à 50% par les ménages, 29;9% par les collectivités locales, loin des 10,2% des entreprises et des 9;9% de l'Etat, données 2005 et qui réclame un "plan Marshall" de la rénovation des équipements.

Est ce donc là une dérive de l'homme d'affaire, certes très connu pour avoir été le commercial du jambon mais qui a aussi investi dans l'immobilier, dans des campings, dans la restauration dans un casino…?

Ou serait ce un de ces nombreux effets d'annonce sans aucun contenu ?

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Publié par Jean-Michel Arberet - dans Sport et ...
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20 juillet 2007 5 20 /07 /juillet /2007 16:54

Repenser, rassembler, renouveler la gauche, telle est la proposition qu'ont présentée quelques membres du Parti socialiste dans une tribune publiée dans le Monde daté du 5 juillet.
La proposition est ambitieuse et semble porteuse d'espoir, cette tribune précisant" La gauche doit être fière de son identité et de ses valeurs. Face à une droite décomplexée, la gauche ne doit pas s'excuser d'être la gauche et doit proposer un projet de société alternatif, crédible et ambitieux".


Certains points mériteraient certes d'être approfondis, notamment la référence à la logique du quinquennat et l'hyperprésidentialisme, en analysant les conséquences à venir ainsi que les modalités de mise en œuvre de la constitution de la Vème République par les présidents successifs, y compris François Mitterand qui ont conduit à la modification constitutionnelle. Mais la principale question n'est pas là.

Dans le début du texte figure une référence à Gramsci sur la crise, moment auquel le monde ancien disparaît tandis que le monde nouveau peine à naître. Cette référence semble de bonne augure pour la suite, même si citer Gramsci ou Guy Debord semble très en vogue. Mais hélas, ensuite les choses de gâtent.
Si, comme les auteurs le précisent dans le premier paragraphe "Cette profonde rénovation doit être un processus maîtrisé, une oeuvre collective, un débat libre" pourquoi évacuer si vite la question du sens du " réformisme assumé et résolument ancré à gauche" et se contenter d'affirmer "Depuis longtemps, les socialistes ont accepté le cadre de l'économie de marché… la concurrence entre la social-démocratie et le socialisme intransigeant semble anachronique, et ne correspondre ni aux réalités ni aux besoins de notre pays."

Refonder la gauche, oui, mais interrogeons nous sur le sens que nous donnons aux mots que nous employons. Qu'est ce que la gauche aujourd'hui ? La gauche peut-elle se contenter de se définir par auto proclamation ou par positionnement par rapport à la droite ?
L'opposition gauche-droite perd de la visibilité et de la crédibilité. Mais pourquoi s'étonner aujourd'hui de l'entrée de Bernard Kouchner dans le gouvernement de François Fillon ? En 1988 il était membre du gouvernement de Michel Rocard a coté de Michel Durafour, Lionel Stoleru, Olivier Stirn tous trois ayant été membres des gouvernements Chirac ou Barre. Ce flou sur la séparation gauche-droite est présent aussi dans ce texte dont les auteurs affirment qu'il est "indispensable de convaincre les électeurs progressistes du centre de nous rejoindre, en s'adressant directement à eux plutôt qu'aux états-majors du MoDem ".
Rassembler la gauche, mais à quel prix ? Ce rassemblement doit-il se construire sur un calcul électoral d'addition de voix d'un premier tour d'une élection présidentielle dominée par l'absence de débats de fonds et la nécessité, l'impératif démocratique, du vote utile ?

Comment définir la gauche, avant d'envisager de la rassembler ? Le monde nouveau peut il se penser avec les mots du monde ancien qui disparait ?
Le parti socialiste revendique 100 ans d'histoire, depuis la création de la SFIO en 1905 qui était née, ne l'oublions pas d'une volonté de rassembler la gauche.

L’assise idéologique de la SFIO est clairement révolutionnaire et marxiste : "un parti de lutte de classe et de révolution" qui ne renonce pas, néanmoins, à "la réalisation des réformes immédiates revendiquées par la classe ouvrière "(1)
Le changement de vocabulaire en un siècle est saisissant. Mais traduit-il un changement de réalité sociale ?
La disparition de la référence à la lutte des classes signifie-t-elle la disparition des classes ou la disparition de la lutte ?
Si les ouvriers sont proportionnellement moins nombreux, de nouvelles "catégories sociales" sont apparues, se sont développées: employés, agent d'encadrement, mais aussi et de plus en plus largement, précaires ou exclus de l'emploi. Ne devons nous pas nous interroger sur les réformes immédiates qu'ils revendiquent et sur celles qu'ils devraient revendiquer ?

Le choix des mots employés n'est pas une question de style, mais correspond à des choix politiques de fonds. Ne pas nommer un concept revient très vite à nier l'existence de la réalité qu'il décrit. Un parti de lutte de classes n'est pas identique à un parti qui "doit permettre aux individus de mieux vivre ensemble dans la société française" comme le propose le texte du 5 juillet.
Certains vont vivre mieux dans la société  avec la mise en œuvre des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy. Mieux vivre ensemble, certes mais il est impératif de préciser à qui la gauche s'adresse,  et qui a besoin dans l'urgence de mieux vivre. Il y a un siècle la réponse était claire la gauche s'adressait au prolétariat pour construire un monde meilleur.
Le prolétariat aurait-il disparu aujourd'hui ?

Refonder la gauche, oui, mais une refondation politique et théorique sur des bases claires.

 


 

(1) Guillaume Bachelay, http://histoire.parti-socialiste.fr/2006/07/11/allumer-les-etoiles-du-ciel-lunite-et-jaures/

 

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Publié par Jean-Michel Arberet - dans Gauche-Droite
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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 21:05

 
Quelques éléments de réponse.

Avant d'essayer de répondre à cette question, quelques remarques sur la question et sa formulation, en effet les deux alternatives présentes dans cette phrase ne sont pas symétriques. Cette asymétrie est marquée clairement par l'emploi du "seulement" pour qualifier la seconde hypothèse posée ainsi d'entrée comme hypothèse par défaut. Cette asymétrie est marquée aussi par le choix des mots employés pouvoir/falloir renvoyant à deux champs de valeurs différents le possible et le nécessaire. L'utilisation de ces deux champs de valeurs aurait pu conduite à quatre formulations différentes et pourtant c'est bien celle-ci qui semble la plus "naturelle".
Cette asymétrie dans le questionnement ne cache-t-elle pas un autre questionnement tout aussi asymétrique ? Se poser la question de la possibilité d'en finir avec le capitalisme ne présuppose-t-il pas la nécessité de le faire et, à contrario, s'interroger sur la nécessité de rendre le capitalisme plus social ne présuppose-t-il pas la possibilité de le faire. La question posée serait alors " Faut-il en finir avec le capitalisme et peut-on le faire ou faut-il seulement le rendre plus social et en avons-nous la possibilité ?".
Ces deux termes cachés de la question initiale me semblent tout aussi important pour envisager les modalités de notre action.

Le capitalisme peut-il devenir plus social ?
Pour ne pas entrer dans le débat sur la définition du capitalisme, nous pouvons retenir une définition simple, celle donnée dans les cahiers de la formation du PCF, définition issue du Petit Larousse 2001) : n.m. Système économique et social fondé sur la propriété privé des moyens de production et d’échange. (Le capitalisme se caractérise par la recherche du profit, l’initiative individuelle, la concurrence entre les entreprises.) - Spécial. Régime économique, politique et social qui selon la théorie marxiste, est régi par la recherche de la plus-value grâce à l’exploitation des travailleurs par ceux qui possèdent les moyens de production et d’échange.
Défini ainsi le capitalisme ne peut, semble-t-il que devenir plus social, étant par définition à l'opposé de toute visée sociale. Mais si le capitalisme est régi par la recherche de la plus-value grâce à l’exploitation des travailleurs, cela signifie que dans tous les contextes le capitalisme cherchera à atteindre la plus-value la plus importante. Et pour cela tous les moyens sont bons, du contournement de la loi à la modification législative voire en d'autres temps ou lieux au coup d'état. Nous avons pu tous constater que chaque avancée sociale aussi minime soit elle doit être défendue sans cesse sous peine de se voir annuler. Si le capitalisme peut devenir plus social, comme cela a pu être le cas à la Libération avec la mise en œuvre du programme du CNR, ces avancées et on le voit bien aujourd'hui ne sont jamais acquises et ne sont maintenus qu'au prix de luttes et de mobilisations constantes.
Toute tentative à rendre le capitalisme plus social ne serait donc que provisoire et réversible. Seule une mobilisation constante sur le terrain des luttes permettrait de conserver ces acquis. L'échec du modèle suédois n'est il pas une illustration de cette difficulté ?

L'impossibilité de rendre le capitalisme plus social de manière pérenne est un élément de réponse à l'autre partie de la question; faut-il en finir avec le capitalisme ?.
En effet, si le capitalisme est et demeure intransformable la seule solution est d'en finir et de le dépasser.
Le second terme de la question posée initialement perdrait ainsi tout son sens et se résumerait à "Peut-on en finir avec le capitalisme ?". Mais encore une fois la question n'est pas si simple, le peut-on se décline en fait par comment, quand, où, avec qui ?

Oui nous pouvons en finir avec le capitalisme, la question est peut être beaucoup plus celle des moyens que l'on se donne pour en finir, sauf bien sur à se contenter de déclarations incantatoires. Et cet aspect de la question nous renvoie à la nécessité d'une réflexion, refondation (?) théorique de la gauche. Non pas parce que Marx serait dépassé, commençons donc par le relire, voire le lire avant de faire de telles déclarations, mais parce que certains concepts nécessitent d'être retravaillés en fonctions des réalités socio-économiques du XXIème
siècle.
Ces éléments de réponse, à compléter, développer, travailler, nous ramènent de fait, vu la difficulté de concevoir la possibilité d'en finir avec le capitalisme dés demain à la seconde partie de la question qui serait alors "Faut-il rendre le capitalisme plus social en attendant et en se donnant les moyens d'en finir avec lui ?"
Sans illusions sur ces modifications du capitalisme qui ne seront ni des modifications de fonds ni pérennes, il me semble que oui nous devons le rendre plus social.
Le rendre plus social pour aider tous ceux qui souffrent du capitalisme à vivre.
Et le rendre plus social pour apprendre à lutter pour confronter les réalités de la lutte aux réflexions théoriques et inversement.

Tout simplement peut -être redécouvrir le marxisme.

 

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Publié par Jean-Michel Arberet - dans Inclassables et-ou inclassés
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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 19:08

"La profondeur de la crise appelle une révolution" a déclaré Ségolène Royal dans une interview accordé au journal Les Échos le 15 mars 2007. Nous sommes donc d’accord sur un point, même si le choix de ce journal pour annoncer une révolution peut surprendre. Mais de quelle révolution parlons-nous ?

" A condition que la logique soit celle du « gagnant-gagnant », les syndicats sont prêts au compromis social. C’est prometteur" dit Ségolène Royal. Prometteur certes, mais pour qui ? La logique du gagnant-gagnant est certes fort tentante, mais quand il s’agit de partager la valeur ajoutée entre le capital et le travail doit on parler de gagnant-gagnant ou d’antagonismes de classes ? Je me souviens lors de la campagne du référendum d’une retraitée arcueillaise, militante communiste de toujours nous disant "je n’ai peut être pas lu et analysé tout le texte du traité mais quand je vois Ernest Antoine Sellières expliquer avec un immense sourire les avantages de ce texte, je me dis que ce qui est bon pour lui ne peut pas être bon pour moi". Cette analyse me semble plus proche de la réalité que la recherche d’un hypothétique gagnant-gagnant. Certes des compromis sociaux sont toujours possibles, et la signature du protocole concernant les intermittents du spectacle le 26 juin 2003 en est une preuve. L’ampleur et la durée de la mobilisation de la profession et de ses organisations représentatives, le soutien rencontré dans la population sont bien la démonstration de la réalité des compromis sociaux.

Véritable révolution donc, en s’inspirant pour l’insertion professionnelle des jeunes de ce qu’a fait Tony Blair lors de son premier mandat. Véritable révolution donc, en maintenant le taux de prélèvement obligatoire, sans toucher à l’ISF, et donc en finançant les 100 propositions avec les marges de manœuvre sur la réforme de l’État, "Nous devons avoir un État qui fonctionne bien et qui diminue son train de vie...". Pas question de toucher aux 100 milliards d’euros de bénéfices des grands groupes. Pourtant Ségolène Royal est choquée "qu’il y ait autant d’argent, d’un côté, et autant de dégâts sociaux, de l’autre", et en conclut donc qu’il faut rendre "plus transparente la répartition des profits pour qu’ils soient réinvestis au service de l’emploi". La répartition semble déjà très transparente, les profits augmentent et les salaires des stagnent.

Le mot révolution a deux sens le premier étant le Retour d’une planète, d’un astre au même point selon le dictionnaire de l’Académie française. Ne vous trompez pas de sens Madame Royal, les électeurs de gauche ne veulent plus d’alternances qui nous ramènent sans cesse au même point, ils attendent un vrai changement, une vraie révolution oui. Donnons à la gauche les moyens de ses ambitions, osons !

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Publié par Jean-Michel Arberet - dans Gauche-Droite
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