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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 23:40

Le 12 octobre, par la presse l'on apprenait que Nicolas Sarkozy avait décidé de ne pas extrader Marina Petrella en application de la clause humanitaire prévue dans la convention d'extradition franco-italienne de 1957 ; celle-ci permet de ne pas extrader une personne en raison de son âge ou lorsque cela entraîne des conséquences d'une "gravité exceptionnelle" sur sa santé.

 

Nous ne pouvons que nous réjouir de cette décision, en espérant qu'elle ne soit pas arrivée trop tard. Mais ne nous trompons pas, cette décision de Nicolas Sarkozy n'est pas le fruit de sa compassion mais le résultat du combat acharné de Marina Petrella et de la mobilisation qui s'est créée autour d'elle.

 

Les arguments en faveur de l'extradition tournent bien souvent autour de deux thèmes : la doctrine Mitterrand n'a aucun fondement juridique et l'Italie est une démocratie donc un Etat de droit ; ses décisions de justice sont donc indiscutables. J'ai déjà traité ces deux points, et n'y reviendrai pas ici1.

 

Depuis la décision de Nicolas Sarkozy les familles des victimes se sont exprimées. Pour Olga d'Antona, veuve d'un conseiller juridique victime des Brigades rouges "Cette décision rouvre une page des relations douloureuses entre Italie et France que l'on croyait définitivement fermée". Le président d'une association italienne de victimes du terrorisme a déclaré entamer une grève de la faim pour obtenir l'extradition de Marina Petrella. Quelques manifestants italiens se sont rassemblés à Paris, dont Mario Borghezio, député européen de la Ligue du Nord. Françoise Rudetzki, fondatrice de l'association SOS attentats a dénoncé le chantage exercé par Marina Petrella afin de ne pas être extradée…

Ce qui peut paraître surprenant ce n'est pas tant la prise de position des familles des victimes que l'exploitation qui peut en être faite. Et il n'est pas inutile ici de se rappeler que l'histoire de Marina Petrella est partie intégrante des années de plomb en Italie, période peu connue en France.

 

Elle est peu connue parce que déjà ancienne, et pour beaucoup liée à des souvenirs des articles de l'époque  Elle est peu connue surtout parce que peu de travail de recherche a pu être effectué sur cette période, le travail d'historien ne peut concerner une période sur laquelle la justice travaille encore, et aucune loi d'amnistie n'est venue clôre en Italie les années de plomb.

Il est toutefois intéressant de lire les quelques livres parus sur cette période, et notamment les deux ouvrages de Leonardo Sciascia, "L'affaire Moro" et "Rapport minoritaire présenté par le député Leonardo Sciascia", les deux ayant été traduits en français. Pour le premier l'auteur s'est appuyé sur les lettres écrites par Aldo Moro après son enlèvement le 16 mars 1978.

Aldo Moro président de la Démocratie chrétienne avait écrit de nombreuses lettres à ses "amis" politiques pour leur demander de négocier avec les Brigades rouges pour obtenir sa libération.

Devant le refus de négocier de la Démocratie chrétienne la famille d'Aldo Moro publiera une dernière lettre écrivant notamment " La famille juge que le comportement de la DC est tout à fait insuffisant pour sauver la vie d'Aldo Moro".1

Deux jours après, le gouvernement répond par une note "la ligne du gouvernement est connue qui n'envisage pas la plus infime dérogation aux lois de l'Etat" 3, comme l'a noté Leonardo Sciascia, l'Italie avait un gouvernement fort pour la première fois.

Mais le point le plus intéressant dans cette note du gouvernement n'est pas la revendication de cette posture, sûrement plus facile à revendiquer pour les "amis" d'Aldo Moro que pour lui-même et sa famille; mais l'argument suivant ".et n'oublie pas son devoir moral en respectant la douleur des familles qui pleurent les tragiques conséquences de l'action criminelle de la bande subversive" 3.

Comme l'a très bien analysé Léonardo Sciascia "en Italie la famille explique tout, justifie tout, est tout… Et donc pour l'emporter sur les raisons de la famille Moro, pour les anéantir… rien de mieux que de lui servir un certain nombre de familles déjà en deuil, et à plus forte raison les cinq familles en deuil de ceux qui composaient l'escorte de l'onorevole Moro" 3.

Comment s'étonner aujourd'hui de l'utilisation des familles des victimes alors que la classe politique italienne a utilisé ces mêmes familles pour refuser de négocier, quand Aldo Moro écrivait " Sur cette position qui condamne à mort tous les prisonniers des Brigades rouges… s'est retranché le gouvernement, s'est retranché avec obstination la D.C., se sont retranchés les partis en général, avec quelques réserves émanant du Parti socialiste." 3.

 

Cette mise en avant des victimes, des familles fait office de rideau de fumée, donnant l'impression que le gouvernement n'a pas à définir, à exprimer de politique sur ce point.

Cette mise en avant est pourtant bien un choix politique, choix d'abord dans une mise en avant sélective. Giuseppe Pinelli n'est pas des victimes mises en avant, il est pourtant l'un des premiers morts des années de plomb,. A la suite de l'attentat de la piazza Fontana à Milan Giuseppe Pinelli, anarchiste, fait partie des centaines de personnes arrêtées par la police, et alors que sa garde à vue avait été prolongée de manière illégale, il se jette par la fenêtre du 4ème étage du commissariat, selon la version officielle qui, bien qu'officielle, manquait terriblement de crédibilité.

Mais si la sélection se fait dans les victimes, les victimes des Brigades rouges étant plus recevables que celles de l'extrême droite voire de l’Etat lui-même, elle se fait aussi sur le discours des victimes. Ne sont entendables que les victimes réclamant vengeance. C'est là une position habituelle humaine, quoique le terme d'inhumaine soit sûrement plus approprié. Mais au-delà de cette position il existe une construction médiatique et politique de l'expression et de la place des victimes. L'exemple le plus frappant est peut être le suivant: après le décès de soldats français en Afghanistan le président de la République française lui-même juge nécessaire le voyage sur place des familles des victimes.

 

Ce choix politique de mise en avant de victimes est sur le plan du droit non pas surprenant mais à contre-courant. La justice pénale n'est pas l'institutionnalisation de la vengeance, le repentir n'est pas une catégorie pénale. Quelque que soit la douleur des victimes, des familles des victimes, elles voient très souvent sortir de prison ou être amnistié le coupable sauf à enfermer à vie tous les coupables. Et il n'appartient pas aux victimes et familles de victimes de décider des mesures de libération anticipée, d'amnistie ou de grâce.

Les victimes et les familles de victimes, ont une place reconnue dans les systèmes judiciaires quel qu'ils soient. Mais même dans le système judiciaire américain, système accusatoire où au contraire de celui que nous connaissons en France, les deux parties au procès pénal sont à égalité devant le tribunal, le contentieux n'est pas entre l'accusé et la victime, mais entre l'accusé et l'Etat. Le type de fonctionnement de la justice américaine est bien connu au travers des films et séries américains qui inondent nos écrans.

 

Si les victimes ont une place reconnue dans la procédure pénale, après la décision, elles n'ont aucune place reconnue. Le traitement de la peine pénale ne relève que de la compétence de l'Etat.

Cela n'empêche pas la demande légitime des victimes, des familles de victimes, de savoir qui étaient responsables, coupables.

 

Si la réponse à ce type de question peut être apportée parfois partiellement par la justice, dans le cadre des années de plomb l'on conçoit mal une réponse globale apportée par la justice.

En effet, si lors d'un procès on peut espérer savoir comment se sont déroulés les faits incriminés, qui était présent, auteurs ou complices, le procès ne porte que sur les faits incriminés à condition qu'il y ait un procès, que la police ait réussi à identifier et appréhender tous les auteurs. Mais dans le cadre des années de plomb, période qualifiée de guerre civile de basse intensité, même si tous les procès avaient eu lieu, en aucun cas la justice ne pourrait expliquer l'enchaînement des évènements depuis l'attentat de la piazza Fontana, et ce n'est pas le rôle de la justice.

 

La compréhension des années de plomb nécessite une analyse globale, s'appuyant aussi sur les archives de l'Etat italien, intégrant l’opération Il Gladio, mise en place par les Etats-Unis dès 1947, et qui fut une structure clandestine ayant  pour but de contrer un coup d’Etat ou une victoire électorale des communistes.

Mais qui souhaite aujourd'hui que ce travail soit fait ?

 

Là aussi il n'est pas inutile de se référer aux deux ouvrages de Leonardo Sciasca.

Leonardo Sciasca a été élu député en 1979 et a fait partie de la commission d'enquête parlementaire sur la disparition d'Aldo Moro.. Comme il ne partageant pas les conclusions de cette commission il a présenté un rapport minoritaire.

Ce document pourrait être comique s'il ne touchait pas au tragique. Au fur et à mesure de la lecture de ce document on oscille entre la sensation d'incapacité totale et la volonté d'une action spectaculaire et totalement inefficace. La commission a en outre vécu une situation de "conflit latent – et parfois explicite – qui régnait entre les membres de la commission, reproduisant celle qui s'était manifesté entre les partis de ce qu'on a appelé l'arc constitutionnel, et en particulier le Parti communiste et le Parti démocrate-chrétien  d'une part, le Parti socialiste de l'autre, tout au long de la séquestration de Moro et au-delà…"4

 

Faut-il trouver un lien entre ceci et ce qu'écrivait dans ses lettres Aldo Moro  après son enlèvement.

Aldo Moro dans ses lettres, dans toutes ses lettres appelait ses "amis" à négocier. Dans sa première lettre du 29 mars il écrivait " la doctrine selon laquelle l'enlèvement ne doit rien rapporter, discutable déjà dans les cas communs, où le dommage subi par la victime est extrêmement probable, n'est pas soutenable dans des circonstances politiques où l'on provoque des dommages certains et incalculables non seulement à la personne mais à l'Etat"5. Devant l'insistance d'Aldo Moro la réponse de la classe politique italienne fut la création d'un groupe d"amis de Moro" qui prépara un document de désaveu "Le Moro qui parle de la prison du peuple n'est pas le Moro que nous avons connu".

Le message était clair, et Aldo Moro écrira ensuite "Je meurs si mon parti en décide ainsi…"6 après avoir poussé plus loin les accusations " Et enfin je me dois d'ajouter en ce moment suprême, que si mon escorte n'avait pas été, pour des raisons administratives, tout à fait en-dessous des exigences de la situation, je ne serais sans doute pas ici" 7.

 

Quand il évoquait les dommages certains et incalculables non seulement à la personne mais à l'Etat, imaginait-il à quel point il avait raison et que la Démocratie chrétienne et le Parti communiste italien allaient disparaître?

 

A la lecture ce ces quelques éléments concernant l'affaire Aldo Moro qui ne constitue qu'une part des années de plomb même si elle fut surmédiatisée, on peut se demander si la classe politique italienne souhaite réellement que la vérité soit connue. La réalité sur l'action de l'Etat italien, des partis politiques, de l'extrême-droite , de l’opération Il Gladio remettrait peut être en cause la ligne de partage entre "eux" et "nous", entre le bien, et le mal.

" où est l’ombre, où est la lumière ?" disait le docteur Germain dans le Corbeau. Ne faisons pas payer aujourd'hui le prix de cette réponse aux réfugiés italiens et ayons le courage d'analyser et de comprendre les années de plomb.

 

1 Liberté pour Marina Petrella http://jm-arberet.over-blog.com/article-22287662.html

2 L'affaire Moro p 615, Œuvres complètes tome II Fayard

3 L'affaire Moro p 616

4 Rapport minoritaire présenté par le député Leonardo Sciascia p 645

5 L'affaire Moro p 564

6 L'affaire Moro p 611

7 L'affaire Moro p 577

 

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 17:46

A la suite du suicide d'un adolescent de 16 ans à la maison d'arrêt de Metz-Queuleu, en Moselle, de nombreux articles sont parus sur les suicides en prison, de nombreuses déclarations ont été publiées, dont celle de Rachida Dati qui s'est engagée à "prendre une série de mesures sur la prévention des suicides de mineurs en prison".

Depuis la liste des suicides en prison ne cesse de s'allonger, le suicide d'un détenu le 24 octobre à Bapaume dans le Pas-de-Calais constitue le 93ème suicide depuis le début de l'année, et le Parisien indique le nombre de suicides dans les prisons françaises, 125 en 1999, 120 en 2000, 104 en 2001, 122 en 2002, 115 en 2004, 122 en 2005, 94 en 2006 et 96 et 2007.

Ouest France vient de publier le 25 octobre une interview du contrôleur général des prisons, Jean-Marie Delarue qui déclare notamment "le surpeuplement des maisons d'arrêt rend très difficile le travail du personnel pénitentiaire et, évidemment, les conditions de vie des détenus… Quand il y a 100 à 200 détenus de plus à surveiller, les rondes de nuit pour empêcher les suicides sont moins efficaces… les personnes qui souffrent de névroses, voire de psychoses, ont des réactions imprévisibles. Quant aux structures de soins, rattachées aux hôpitaux, le principe en est bon, mais il y a trop de lacunes. J'ai mis en garde les pouvoirs publics : dans certains établissements les soins sont donnés trop tard".

 

Lorsque Véronique Vasseur avait publié en 2000 " Médecin-chef à la prison de la santé" le phénomène médiatique avait été le même, puis le silence était retombé sur le monde carcéral, malgré la création d'enquêtes.

 

Les informations sur les suicides en prison étaient disponibles et pouvaient être connues de tous avant le suicide de cet adolescent. L’association Ban public fait un travail remarquable sur les problématiques de l’incarcération et de la détention. Mais encore faut-il vouloir être informé !

 

Selon le Nouvel Observateur

"L'Administration pénitentiaire (AP) a publié, vendredi 24 octobre, un communiqué d'un de ses "experts", le professeur de psychiatrie Jean-Louis Terra, qui met en cause le rôle des médias dans l'augmentation des suicides en prison, en soulignant "les risques de médiatisation du suicide".

 

Le professeur Jean-Louis Terra a peut-être raison sur le plan psychiatrique, et je ne prétends pas avoir les compétences pour en discuter. Mais l'on ne peut dissocier l'aspect psychiatrique de la question des conditions et des raisons de la détention. Et sur ce point là il est urgent qu'il y ait un vrai débat public pour informer sur la réalité de la condition carcérale et s'interroger sur les raisons et les objectifs de l'enfermement, et sur les mesures alternative à l'enfermement, l'enferment à domicile avec port de bracelet électronique n'étant pas une mesure alternative.

 

Selon Fédor Dostoïevski, le degré de civilisation d'une société pourrait se juger à l'état de ses prisons. Interrogeons nous d'urgence sur le degré de civilisation que nous prétendons avoir !

 

 

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Publié par Jean-Michel Arberet - dans Prison et enfermement
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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 23:58

Le mouvement des jeunes de l'UMP lance la campagne "nous sommes révolutionnaires", avec un site www.lesrevolutionnaires.fr, avec des affiches "Ils ont choisi l'assistanat, nous avons fait le RSA nous sommes révolutionnaires", ou encore "Ils ont choisi de toujours dire non, nous avons fait la réforme de l'enseignement, nous sommes révolutionnaires".

 

Un tel détournement pourrait prêter à sourire, s'il n'était pas le signe d'un malaise beaucoup plus profond.

Pourquoi aujourd'hui la droite peut-elle se permettre une telle campagne, comme elle a pu se permettre le détournement de mai 68 ?

Pour Benjamin Lancar, nouveau président des Jeunes populaires, cette campagne tient en une phrase  "on est là pour préempter les thèmes de gauche" 1. Le vocabulaire choisi est toutefois quelque peu surprenant ; préempter signifie se rendre acquéreur d'un bien en vertu du droit concédé par la loi, d'acheter par préférence à toute autre personne. En l'occurrence il s'agirait plutôt d'un thème laissé en déshérence dont la droite s'approprierait.

 

Le fonds de la question est peut-être là. Si la droite peut aujourd'hui détourner les thèmes de gauche pour se les approprier, c'est parce que la gauche a cessé de les penser et ne les utilise souvent que de manière incantatoire.

Lorsque, par exemple,  Ségolène Royal déclare dans une interview accordée au journal Les Échos le 15 mars 2007 "La profondeur de la crise appelle une révolution", en maintenant le taux de prélèvement obligatoire, sans toucher à l’ISF, cette utilisation d'un mot vidé de son sens participe de l'affaiblissement de la pensée politique, de la perte de repère et de la confusion idéologique…

 

Nous ne devons pas parler avec les mots, les concepts de la droite ; la réflexion politique à  gauche a besoin de ses propres concepts, à redéfinir, à clarifier parfois. Dans le discours politique les mots prolétariat, lutte des classes. ont quasiment disparu.

Cela signifie-t-il que les concepts qu'ils désignent n'existent plus ou que nous avons peur de les employer ?

 

Les jeunes de l'UMP, qui utilisaient déjà l'appellation Jeunes Populaires, veulent que la Révolution soit un mot d'ordre sonnant le rassemblement.

 

En ces temps d’ultra libéralisme triomphant, la Révolution, pas la régression sociale mise en place par Nicolas Sarkozy,  est moins que jamais un slogan publicitaire.

"Oui, mais …

Ça branle dans le manche.

Ces mauvais jours-là finiront

Et gare à la revanche

Quand tous les pauvres s'y mettront ! "

 

 

 

1http://www.marianne2.fr/Hold-up-les-jeunes-UMP-s-emparent-du-mot-revolution-_a92510.html

 

 

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Publié par Jean-Michel Arberet - dans Gauche-Droite
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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 23:42

Selon une dépêche de l'AFP Ségolène Royal s'est exprimée ce jour sur Canal + à la fois sur la révocation de la semi-liberté qui avait été accordée à Jean-Marc Rouillan, et sur la non-extradition de Marina Petrella.

 

Concernant Marina Petrella, Ségolène Royal n'a pas voulu se prononcer faute d'accès au dossier médical qui a justifié la décision française. Il est on ne peut plus normal qu'elle n'ait pas eu accès au dossier médical, et l'on ne peut que s'étonner, à contrario, de la grande compétence médicale dont fait preuve le ministre italien de la défense, Ignazio La Russa, qui au vu d'images vues à la télévision, estime qu'elle a l'air "bien reposée" et en "meilleure" forme que lui. Il faut dire que les images en question datent de plusieurs mois…

Donc n'ayant pas eu connaissance du dossier médical Ségolène Royal ne se prononce pas. Le refus pour ce motif est déjà une prise de position claire, résumant la situation de Marina Petrella à la question de l'application de la clause humanitaire. En effet, si la clause humanitaire a du être appliquée, c'est bien à la suite de la décision du gouvernement d'extrader Marina Petrella. Le fonds du dossier est bien là, la doctrine Mitterrand est-elle toujours applicable, des années de résidence officielle en France ouvrent-elles un droit ? Sur ce point Ségolène Royal pourrait se positionner clairement et ne pas se contenter de déclarer penser d'abord aux victimes.

Les victimes ont des droits, ont eu une place dans la procédure pénale,mais la justice pénale n'est pas la mise en œuvre de la vengeance personnelle. Le risque est grand de glisser aujourd'hui vers le populisme pénal. La clarté des positions politiques sur ce sujet est donc un élément important, et j'espère au-delà de cette pirouette que Ségolène Royal donnera sa position sur le droit des réfugiés italiens à rester en France, avec le même courage et la même lucidité politique qu'avait eu François Mitterrand.

 

Concernant Jean-Marc Rouillan, Ségolène Royal connaissait visiblement beaucoup mieux le dossier et a donc déclaré "Evidemment qu'il fallait renvoyer Jean-Marc Rouillan en prison puisqu'il a continué à prôner la lutte armée".

La lecture du texte de l'interview est sur ce point intéressante, les propos de Jean-Marc Rouillan sont " Mais en tant que communiste, je reste convaincu que la lutte armée à un moment du processus révolutionnaire est nécessaire…Quand on se dit guévariste, on peut simplement répondre que la lutte armée est nécessaire à certains moments. On peut avoir un discours théorique sans faire de la propagande ou de l'appel au meurtre."

Ces phrases sont-elles considérées comme un prône de la lutte armée au regard du passé de Jean-Marc Rouillan ou le seraient-elles pour tous ceux qui évoquent une possible révolution ?

Là aussi, au-delà des déclarations de circonstances, il est urgent de clarifier les positions. Peut-on parler librement de révolution aujourd'hui sans risquer d'être accusé d'incitation à la lutte armée ? Peut-on librement déclarer comme Ségolène Royal le 15 mars 2007 "La profondeur de la crise appelle une révolution" en toute liberté ?

 

 

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 14:20

parfois à des rapprochements surprenants.

 

Une dépêche de l'AFP du 18 octobre indique que " La fédération héraultaise du Parti socialiste a officiellement demandé vendredi la réintégration dans le parti de Georges Frêche, le président de la région Languedoc-Roussillon, qui en avait été exclu en janvier 2007 après des dérapages verbaux". Le congrès de Reims devra statuer sur cette demande. Ce congrès promettait déjà d'être animé, cette question là n'est sûrement pas pour apaiser les débats. En effet, les dérapages verbaux dont il est question sont des propos racistes tenus par Georges Frêche en réunion du conseil d'agglomération, mais dérapages qui semble-t-il étaient loin d'être les premiers.

 

Une semaine avant, dans son édition du 11 octobre, un article de Stéphanie Le Bas dans le Monde nous apprenait que Benoît XVI avait de nouveau plaidé, jeudi 9 octobre, pour la béatification du pape Pie XII. Pie XII a été pape du 2 mars 1939 au 9 octobre 1958, et s'est fait remarqué par un assourdissant silence pendant la déportation et le massacre de millions de personnes organisés par l'Allemagne nazie avec la complicité active de trop nombreux gouvernements européens. Benoit XVI justifie ce silence " Souvent c'est dans le secret et le silence qu'il a agi parce que justement, à la lumière des situations concrètes de la complexité de ce moment historique, il avait eu l'intuition que c'est seulement de cette manière que l'on pouvait éviter le pire et sauver le plus grand nombre possible de juifs", a défendu le pape" mais comme le souligne Stéphanie le Bars " L'analyse complète de cette époque par les historiens demeure soumise à l'ouverture de l'ensemble des archives du Vatican.", ouverture qui relève de la décision de Benoit XVI qui apporterait là des éléments tangibles concernant la position de Pie XII et de l'ensemble de l'Eglise catholique pendant la guerre et l'après guerre.

 

Ces deux éléments, outre la proximité dans le temps de ces deux informations, ont un point commun, une institution évacue un comportement, des propos qui dans les deux laissent apparaître une vision raciste de l'humanité. Certes, l'on pourra disserter longuement pour savoir si le comportement de l'un ou les propos de l'autre ont le même degré, la même dangerosité..  Mais la question n'est pas une question de degré, tous les comportements racistes sont condamnables, et il y a une continuité mortelle du dérapage verbal à la purification ethnique.

Les décisions à prendre par le PS et par l'Eglise catholique dans ces deux cas sont attendues et seront lues avec beaucoup d'attention par les militants antiracistes certes mais aussi par les tenants de la supériorité de la race blanche pour y trouver le cas échéant  un nouvel appui pour leurs thèses nauséabondes.

 

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Publié par Jean-Michel Arberet - dans Contre toutes les discriminations
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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 22:27

Comment gérer les pannes d'ascenseur prolongées ? 3F, groupe qui se définit comme acteur majeur de l''habitat social, est confronté à cette question, notamment aux Ulis.

Plusieurs modes de réponses semblent s'imposer, remplacement des appareils défectueux, amélioration des conditions d'intervention des réparateurs..

Mais 3F a trouvé une autre solution "simple et efficace" selon le Parisien du 10 octobre, " depuis mars, le bailleur 3 F a mis en place un système de porteurs pour pallier les conséquences des pannes d’ascenseur prolongées."

 

Cela pourrait prêter à sourire tant est dérisoire la réponse apportée. Mais au-delà de ce dérisoire, cette solution est révélatrice d'une évolution mortifère de notre société. Pendant des siècles, l'évolution, le progrès, quelque soit le nom que l'on ait pu lui donner, a constitué à essayer de substituer la machine au travail humain, de la machine à vapeur à l'ordinateur. Cette substitution se réalisant quand elle était techniquement faisable et économiquement rentable. Ce nouveau mode de substitution "à l'envers" renvoie donc à une double question. Cette solution est-elle la seule techniquement adaptée, serions-nous incapables de faire fonctionner un ascenseur au XXIème siècle, et l'on sent bien en la posant que la réponse négative serait incompréhensible. Cela signifierait alors que cette solution est la meilleure solution en terme de choix économiques, ce qui en dit long sur le coût de ces "porteurs" et donc leur rémunération et statuts, le Parisien précisant qu'ils sont "employés par des associations de réinsertion ou des régies de quartier".

 

Cette solution aura-t-elle vocation à s'étendre aux ascenseurs des tours de le Défense et des immeubles de Neuilly ? A moins que pour ces ascenseurs là d'autres solutions économiques soient envisageables basées sur des investissements qui font cruellement défaut dans le logement social.

 

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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 21:12

Fortis vient d'être "reprise" par BNP Paribas dans la grande dégringolade des marchés financiers, 3.000 emplois sont menacés, et l'on apprend qu'une cinquantaine de courtiers viennent d'être invités à un déjeuner à l'Hôtel de Paris, le palace le plus cher de Monaco, à 3.000 euros le couvert.

 

L'événement est largement commenté "indécent déjeuner" pour le Monde, "Fortis…agit comme si la crise n'existait pas" pour le Point, "un déjeuner qui fait scandale pour M6"…

 

Mais la vraie indécence se trouve dans le communiqué de Fortis "L'événement est prévu depuis des mois et s'inscrit dans le cadre d'actions commerciales habituelles". Ces pratiques là sont courantes et quelques semaines plus tôt ce même déjeuner aurait-il bénéficié d'une telle couverture médiatique ?

Non, ce ne sont pas des brebis galeuses qui ont organisé ce déjeuner, ce sont de fidèles exécutants d'une politique, l'indécence ce n'est pas ce déjeuner en tant que tel, l'indécence c'est le capitalisme qui génère de tels comportements.

 

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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 14:46

"Il faut que l'Insep devienne le Harvard du sport français" déclare Bernard Laporte dans l'interview qu'il a accordée au journal Le Monde, et il complète, comme à son habitude, en ajoutant "Et j'ai besoin su secteur privé pour faire tout cela".

Il y a un coté lancinant dans ses déclarations, peut-être Bernard Laporte se croit-il un nouveau Caton, et à défaut de nous envoyer détruire Carthage pense-t-il qu'il suffit de répéter sans cesse cette même idée pour qu'elle devienne une réalité partagée par tous. Il serait préférable de sortir de l'incantation de d'expliquer pourquoi l'Etat n'a pas les moyens de ses ambitions dans le secteur du sport, et pour ce faire de reprendre les promesses du candidat Sarkozy concernant le montant du budget du sport.

 

Mais cette fois Bernard Laporte a apporté un élément supplémentaire à sa déclaration, parlant du secteur privé il indique " il faut savoir ce que l'on peut lui donner en contrepartie. On peut par exemple développer les conférences faites par les coaches et les sportifs dans le monde de l'entreprise".

Bernard Laporte indique clairement, pour une fois, que l'intervention du secteur privé ne se fera pas sans contre partie. Et il faudra là aussi avoir une approche financière de cette contrepartie, en commençant bien sur par la baisse d'impôt pour les entreprises qui "accompagneraient" cette politique.

L'exemple pris pour illustrer cette contrepartie est significatif, des conférences. Cela suppose que les sportifs sont aussi des conférenciers, en quoi la formation d'un sportif le prédispose-t-il à avoir ce genre de compétences, à moins que dans le nouvel Harvard du sport français ne soient prévues des formations spécifiques en ce sens. Cela suppose aussi que les entreprises aient besoin de ce genre de conférences, ce qui reste là aussi à démontrer et l'on peut penser que certains sportifs seront plus demandés que d'autres en fonction de la couverture médiatique de leur sport, qui se souvient aujourd'hui du nom des médaillées françaises de Pékin en tir à l'arc ? . Enfin le montage financier de cette opération gagnerait à être précisé, les conférences à donner dans les entreprises seraient elles la contrepartie, pour le sportif, de la formation reçue au sein de l'Insep ?

 

 

Outre cet appel récurent au financement privé, cet interview met en avant un autre élément important de la vision du sport par Bernard Laporte. "Il faut faire des choix politiques" là nous sommes d'accord, "il faut se concentrer sur les meilleurs".

Les choses sont claires, l'élitisme est la seule voie à suivre, loin de l'amateurisme de Pierre de Coubertin qui pensait sottement que l'essentiel est de participer. Et Bernard Laporte enfonce le clou, donnant un objectif pour les JO de Londres, 50 médailles dont 15 en or "C'est ça notre place dans le classement mondial".

Il serait facile de rappeler les objectifs que s'était fixé l'entraineur de l'équipe de France de rugby et la manière dont ils ont été atteints.. Cette déclaration soulève deux questions importantes.

 

Elle traduit un glissement sémantique, Bernard Laporte parle de "notre place", en fait il s'agit que la place des sportifs français et plus précisément de la place de la délégation française. Le passage, certes habituel, de la délégation ou l'équipe aux sportifs puis aux Français et enfin à la France traduit une vision très nationaliste. Ce n'est pas la France qui a gagné le mondial en 1998, c'est une équipe de France. Dans ces temps de montée, de remontée des nationalismes et des particularismes en tous genres il convient plus que jamais d'être vigilants sur les mots employés.

 

D'autre part, la référence au nombre de médailles a pour soubassement une conception libérale, ultra libérale du sport. Chaque concurrent est présumé égal  à tous les autres au départ de la compétition dans laquelle il a donc les mêmes chances que tous les autres, et dans le cas présent tous les pays sont égaux devant les jeux olympiques, comme tous les hommes sont égaux devant le marché…

Les résultats pourraient être lus selon d'autres critères, par exemple, le nombre d'habitants par médaille obtenue. Dans ce cas le pays arrivant en tête serait les Bahamas avec une médaille pour 165.000 habitants, suivi par la Jamaïque une médaille pour 245.000 habitants, et en troisième position le premier pays européen, l'Islande, une médaille pour 310.000 habitants. La France serait à la 30ème place avec une médaille pour 1,5 million d'habitant, les Etats-Unis à la 45ème avec une médaille pour 2,7 millions d'habitants et la Chine à la 67ème place avec une médaille pour 13,6 millions d'habitants. L'entrée dans les 10 premières nations se situant alors aux alentour d'une médailles pour 650.000 habitants, ce qui nécessiterait pour la France d'obtenir 95 médailles, soit 10% du nombre des médailles attribuées à Pékin….

D'autres modes de lecture sont possibles par exemple le nombre de médaille en fonction du PIB par habitant. Dans ce cas l'Ethiopie serait en tête du classement avec une médaille pour 150 $ de PIB par habitant…

 

 

D'autres visions du sport sont possibles, Bernard Laporte a déclaré "Il faut faire des choix politiques", il est important de les faire ensemble. Et il est surprenant que Bernard Laporte opposé à un "Grenelle du sport" en France plaide maintenant pour un forum consultatif à Bruxelles.

Les choix politiques devront être construits collectivement avec l'ensemble des acteurs du mouvement sportif, et surtout pas dans un cabinet ministériel. Cette construction collective aura lieu, avec le secrétaire d'Etat aux sports, s'il accepte d'y participer, mais s'il refuse le mouvement sportif saura se donner les moyens pour mener publiquement cette réflexion.

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Publié par Jean-Michel Arberet - dans Sport et ...
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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 23:30

Bernard Laporte, secrétaire d'Etat aux sports, nous avait déjà habitués à la finesse. Lors du voyage officiel de François Fillon en Martinique et en Guadeloupe. A Fort-de-France, l'ancien maire de la ville, le poète Aimé Césaire âgé de 94 ans, a reçu François Fillon et ses ministres en compagnie de son ancien adjoint à la mairie, Pierre Aliker, âgé lui de 101 ans. Bernard Laporte tourné vers les journalistes leur a déclaré à propos de Pierre Aliker et de ses 101 ans : "Celui-là, il ne jouera pas le prochain tournoi [des VI Nations]" Le tout accompagné d'un rire bien gras…

 

Dimanche, à l'occasion de la journée "Vivre Sport, Vivre l'Europe", Bernard Laporte a conclu son discours en déclarant "Je tenais à dire que je ne suis pas le père de l'enfant que porte Rachida Dati" !

Selon le Figaro, la garde des Sceaux  a estimé que Bernard Laporte "est allé trop loin" et son propos est "particulièrement déplacé".

 

Il serait temps que Bernard Laporte réalise qu'il est secrétaire d'Etat, que l'on attend de lui qu'il travaille ses dossiers, ce qui ne signifie pas se contenter de répéter inlassablement "il faut faire appel aux fonds privés", et que à défaut de travailler il évite de donner une image déplorable du sportif en se comportant en véritable caricature d'animateur inculte de troisième mi-temps. Monsieur le Ministre, un peu de tenue, s'il vous plait !

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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 20:38

Samedi 27 septembre, Philippe Leroy, président UMP du conseil général de la Moselle, à propos d’enfouissement de déchets radioactifs en Moselle a déclaré : "On est embêté aussi avec les populations de Gitans : personne n'en veut. On est embêté avec les politiques de traitement des déchets : personne n'en veut. Et pourtant le civisme aujourd'hui pour tout le monde c'est de savoir que nous avons à accueillir sur nos territoires des populations difficiles, des logements sociaux dans des quartiers plus protégés, les déchets nucléaires, les déchets industriels et ménagers…."

 

Alors que Philippe Leroy se prononce, semble-t-il, pour une obligation d'accueil ce texte laisse un goût nauséeux.

Comment un élu de la République peut-il mettre au même niveau le logement social auquel 70% de la population française est éligible, les gitans et des déchets nucléaires, industriels ou ménagers ?

 

Il n'y a pas si longtemps les Gitans coupables d'être membres d'une sous race ont été déportés et gazés. 

 

De la vermine humaine aux déchets le glissement est rapide, et "le ventre est encore fécond d'où la bête immonde est sortie"

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