Dimanche 26 octobre
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A la suite du suicide d'un adolescent de 16 ans à la maison d'arrêt de Metz-Queuleu, en Moselle, de nombreux articles sont parus sur les
suicides en prison, de nombreuses déclarations ont été publiées, dont celle de Rachida Dati qui s'est engagée à "prendre une série de mesures sur la prévention des suicides de mineurs en
prison".
Depuis la liste des suicides en prison ne cesse de s'allonger, le suicide
d'un détenu le 24 octobre à Bapaume dans le Pas-de-Calais constitue le 93ème suicide depuis le
début de l'année, et le Parisien indique le nombre de suicides dans les prisons françaises, 125 en 1999, 120 en 2000, 104 en 2001, 122 en 2002, 115 en 2004, 122 en 2005, 94 en 2006 et 96 et
2007.
Ouest France vient de publier le 25 octobre une interview du contrôleur
général des prisons, Jean-Marie Delarue qui déclare notamment "le surpeuplement des maisons d'arrêt rend très difficile le travail du personnel pénitentiaire et, évidemment, les conditions de vie
des détenus… Quand il y a 100 à 200 détenus de plus à surveiller, les rondes de nuit pour empêcher les suicides sont moins efficaces… les personnes qui souffrent de névroses, voire de psychoses,
ont des réactions imprévisibles. Quant aux structures de soins, rattachées aux hôpitaux, le principe en est bon, mais il y a trop de lacunes. J'ai mis en garde les pouvoirs publics : dans
certains établissements les soins sont donnés trop tard".
Lorsque Véronique Vasseur avait publié en 2000 " Médecin-chef à la prison de la santé" le phénomène médiatique avait
été le même, puis le silence était retombé sur le monde carcéral, malgré la création d'enquêtes.
Les informations sur les suicides en prison étaient disponibles et
pouvaient être connues de tous avant le suicide de cet adolescent. L’association Ban public fait un travail remarquable sur les problématiques de l’incarcération et de la détention. Mais encore
faut-il vouloir être informé !
Selon le Nouvel Observateur
"L'Administration pénitentiaire (AP) a publié, vendredi 24 octobre, un
communiqué d'un de ses "experts", le professeur de psychiatrie Jean-Louis Terra, qui met en cause le rôle des médias dans l'augmentation des suicides en prison, en soulignant "les risques de
médiatisation du suicide".
Le professeur Jean-Louis Terra a peut-être raison sur le plan
psychiatrique, et je ne prétends pas avoir les compétences pour en discuter. Mais l'on ne peut dissocier l'aspect psychiatrique de la question des conditions et des raisons de la détention. Et
sur ce point là il est urgent qu'il y ait un vrai débat public pour informer sur la réalité de la condition carcérale et s'interroger sur les raisons et les objectifs de l'enfermement, et sur les
mesures alternative à l'enfermement, l'enferment à domicile avec port de bracelet électronique n'étant pas une mesure alternative.
Selon Fédor Dostoïevski, le degré de civilisation d'une société pourrait se juger à l'état de ses prisons.
Interrogeons nous d'urgence sur le degré de civilisation que nous prétendons avoir !
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