je suis...

Jean-Michel Arberet,
de 2001 à 2008 maire adjoint d'Arcueil, chargé de la jeunesse, des sports et de l'économie solidaire,
partenaire du groupe communiste;
depuis 2008 conseiller municipal d'Arcueil, chargé des sports et des technologies de l’information et de la communication,
partenaire du groupe  communiste.

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Le développement sera-t-il durable ?

Dimanche 20 septembre 2009

Dans l'Humanité dimanche daté du 3 septembre, l'on peut lire un article d'un tour de la France rurale. Un agriculteur de Picardie est interviewé, et figure en intertitre la déclaration suivante " Luc Iguenane veut croire à l'avenir du carburant vert au point d'avoir acheté un tracteur 100% biodiesel".

La question que pose cet article n'est pas tant la position exprimée par cet agriculteur que l'absence de commentaire critique.et ce d'autant plus qu'il se semble pas évident que tous les lecteurs soient au courant des questions posées par le développement du biocarburant.

Pourquoi ne pas avoir dès lors repris les informations contenues notamment dans un article publié dans l'Humanité du 5 janvier 2009 "Quand le capitalisme affame la planète".

Cet article rappelait qu'en cinq ans, le nombre d’êtres humains souffrant de la faim dans le monde a progressé de 75 millions. L’envolée des prix des céréales explique cette augmentation et une des raisons en est  la demande croissante en biocarburant qui a provoqué "la montée en flèche" des cours des produits nécessaires à leur fabrication (sucre, manioc, maïs, oléagineux…).

Le développement durable est-il donc uniquement un gadget ou est-ce une réelle  question de fonds qui mérite d'être traitée à chaque occurrence ?


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Dimanche 16 août 2009

La taxe carbone a fait déjà couler beaucoup d'encre et de nombreux commentateurs ont pointé certaines insuffisances ou incohérences du rapport remis par Michel Rocard.

Le rapport de la conférence des experts et de la table ronde sur la contribution Climat et Énergie est lui-même très clair sur certaines de ses limites. La question des émissions de méthane et de protoxyde d’azote n'est pas traitée, ces deux gaz à effet de serre étant largement émis par l'agriculture et l'élevage. De la même façon, la question de la production d'électricité par ces centrales nucléaires n'est pas posée.

Et enfin dès le début du rapport il est précisé que a CCE (contribution climat-énergie) "doit en effet être établie à prélèvements obligatoires constants" ; il ne s'agit donc que d'un "redéploiement fiscal"

 

Une des questions majeures aujourd'hui est peut être là. Le rapport le pointe bien, nous sommes devant une véritable crise écologique. " Ceci nécessite une inflexion sans précédent de nos comportements de production et de consommation d’énergies fossiles, qui doit recourir aux instruments les plus efficaces…"

Le début semblait prometteur, mais comment peut on croire que l'instrument le plus efficace, le seul qui soit sérieusement étudié dans ce rapport soit un signal-prix ?

En quelque sorte, la crise est très grave donc il convient dans un premier temps de ne pas augmenter les ressources de l'Etat et donc ses moyens d'actions et dans un deuxième temps les prix sont chargés de réguler. L'on sait comme les prix régulent, même si des mesures particulières seront prises pour certaines catégories de consommateurs, avec à la clé une magnifique usine à gaz !

 

Cependant ce rapport a eu un mérite, celui de poser publiquement, enfin, une question certes tronquée sur la manière d'aller vers un autre mode de consommation. Et la manière dont est commenté ce projet est finalement très révélatrice, la question mise en avant étant de savoir qui paiera cette  taxe.

Encore une fois ne faudrait-il pas se poser la question dans l'autre sens ?

Puisque nous sommes devant une crise majeure, la première question ne serait-elle pas de définir ce qu'est un mode de vie soutenable et accessible à l'ensemble de la population mondiale et ensuite de se demander comment peut-on converger vers cet objectif, puisque au sein de l'Union européenne les critères de convergences sont de mises.

 

Face à un immense défi et en pleine crise économique, la seule solution ne peut pas être de confier au marché le soin de réguler alors que le système financier est responsable de la crise économique actuelle. Le marché régulera de la manière dont il régule le partage du temps de travail, partage subi entre ceux qui sont forcés de travailler plus pour ne pas gagner moins et ceux, trop jeunes, trop vieux, trop formés, pas assez expérimentés, qui désespèrent de trouver un emploi.

Et il ne suffit pas de condamner la naissance d'un capitalisme vert. Il faudrait être bien mal informé, très naïf ou d'une redoutable mauvaise foi, pour ignorer la capacité du capitalisme à survivre, y compris en incorporant dans son jeu les idées de ses adversaires tout en les détournant de leurs buts.

Le chemin parcouru par les mutuelles et les coopératives est significatif ; à cet égard, que reste-il dans le groupe Crédit Agricole de la volonté coopérative qui animait les fondateurs des premières caisses locales, que sont devenues la FNAC, la MAIF …

Combien de syndicat ont glissé d'une position révolutionnaire vers la cogestion au sein des organismes paritaires et à la négociation ; finissant par renvoyer à plus tard la prochaine journée d'action. L'on a vu le brillant résultat de cette stratégie en juin..

Comment dans ce cas s'étonner que le capitalisme tente de s'approprier l'écologie pour en faire un nouveau marché ?

 

Mais plutôt que de s'indigner de cette énième tentative de récupération par le capitalisme, ne faudrait il pas que nous nous interrogions sur la manière dont à gauche nous avons abordé la question de l'écologie. Il est temps d'affirmer une position politique de gauche sur l’écologie, et pour cela nous ne partons pas de rien. Chez les Verts ce travail a déjà été entrepris.

SI nous ne sommes pas capables aujourd'hui de renverser le capitalisme, utilisons tous les moyens à notre disposition pour le faire vaciller. L'écologie est de nature à remettre en cause les bases mêmes du fonctionnement de notre société.

Et si au lieu de nous lamenter devant la naissance d'un capitalisme vert nous nous mettions enfin au travail pour créer une écologie rouge ?

 

 


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Mercredi 22 juillet 2009

La commission de régulation de l'énergie "concourt, au bénéfice des consommateurs finals, au bon fonctionnement des marchés de l’électricité et du gaz naturel. Elle veille, en particulier, à ce que les conditions d’accès aux réseaux d’électricité et de gaz naturel n’entravent pas le développement de la concurrence".

Cette commission totalement inconnue du grand public il y a encore quelques jours a fait brutalement parlé d'elle avec sa délibération sur l'intégration des effacements diffus au sein du mécanisme d'ajustement qui porte un choix politique lourd.

Le principe de l'effacement diffus est simple. Pierre Bivas, créateur de Voltalis le décrit fort bien. Un boîtier est placé en amont d'une installation électrique. Lors des pics de consommation; il commande à un ou plusieurs appareils, chauffe-eau, radiateurs.. de s'effacer temporairement du réseau, ce qui ne modifie par le confort de l'utilisateur mais entraîne en effet cumulé une baisse sensible de la consommation pouvant éviter une production complémentaire.

Pour la commission de régulation de l'énergie, l'opérateur d'effacements Voltalis doit rémunérer le producteur EDF pour l'énergie injectée mais non consommée par ses clients. L'explication donnée est d'une logique financière implacable. Voltalis est financé par le gestionnaire du Réseau de transport d’électricité, RTE. Or le producteur doit continuer à produire pour combler les déséquilibres des autres producteurs. Donc il faut payer cette énergie transférée d'un producteur à l'autre.

Le syllogisme est incompréhensible, mais la réalité est simple plutôt produire plus que de financer les économies d'énergie.

On peut remarquer que si nous avions conservé un seul producteur, dans le cadre d'un service public, la question des coûts de cession ne se poserait pas.

Le choix à faire était simple choisir la logique financière ou la logique d'économie d'énergie, la commission de régulation de l'énergie a choisi son camp celui des producteurs à outrance, dans la logique d'Edf qui demande une augmentation de tarif de 20% pour poursuivre une croissance sans s'interroger d'abord sur les besoins et les modes de consommation.

 

Jean-Louis Borloo a annoncé l'installation d'un groupe de travail qui devra "proposer les évolutions nécessaires au cadre légal", avec pour objectif prioritaire de "favoriser les économies d'énergie et dans le respect des intérêts de chacune des parties prenantes".

Jacques Chirac déclarait le 2 septembre 2002 "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs", il serait temps de commencer à combattre l'incendie !

 


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Samedi 11 juillet 2009

Le PDG d'EDF Pierre Gadonneix ne fait pas dans la dentelle en réclamant une telle hausse des tarifs. Mais pour nous rassurer il précise que cette augmentation ne représenterait que "2 à 3 euros de plus par mois" sur la facture des ménages. Il ne précise toutefois pas que cela ne représente en trois ans "que" 72 à 108 euros en trois ans…

 

Les arguments mis en avant sont quelque peu surprenants.

 

Pierre Gadonneix indique notamment que si les tarifs réglementés avaient suivi la hausse des prix depuis 25 ans, ils seraient supérieurs de 40%. Il n'y a sûrement pas lieu de remettre en cause le calcul menant à cette estimation. Par contre le fondement théorique de cet argument est plus que douteux. En effet, la mesure de la hausse des prix est effectuée au moyen d'un indice qui réalise une moyenne pondérée. Il est, par construction, normal que certains prix augmentent plus vite que cette moyenne et d'autres moins vite. Si tous les prix devaient augmenter au rythme de l'indice celui-ci serait équivalent à l'augmentation de prix la plus forte incluse dans le calcul.

Cet argument pourrait être aussi dans ce cas utilisé dans l'autre sens, en demandant la baisse de tous les tarifs ayant augmenté plus vite que l'inflation, mais là, les chefs d'entreprises sont, semble-t-il, plus discrets. Peut-être Pierre Gadonneix va-t-il se charger d'interpeller ses collègues.

 

Un autre argument avancé est la nécessité de limiter l'endettement du groupe. L'on ne peut qu'apprécier tout le sel de cette déclaration au lendemain de l'emprunt lancé par EDF.

Le montant de l'endettement est lié aux choix de développement, investissement à l'étranger, de développement du parc de centrale nucléaires. Et les estimations de coûts de production nucléaire divergent fortement, 45 euros le mégawatheure selon EDF, 40,50 euros selon les analystes de Morgan Stanley, et 23 euros selon ceux de CM-CIC.

 

Enfin selon Christine Lagarde "La priorité pour la direction d'EDF", ce sont "les gains de productivité interne".

 

Et si la solution était tout simplement la re-création d'un grand service public assurant à la fois un  véritable droit d’accès à l'énergie à un tarif régulé et la mise en œuvre d'une vraie politique énergétique respectueuse de l'environnement.

 


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Vendredi 3 juillet 2009

Le Figaro titre un article aujourd'hui 3 juillet "Un nouveau «trader fou» sur le marché du pétrole".

Un trader, Steve Perkins est soupçonné d'avoir fait perdre 7 millions d'euros à la société de courtage basée à Londres PVM Oil Associates, en ayant spéculé sur les cours du pétrole, il serait même responsable de la récente flambée des prix du pétrole.

Ce n'est hélas pas le premier "trader fou" épinglé par la presse et le montant ne le fera pas figurer dans le TOP 10 des "traders fous". Les montants en jeu sont loin des 4,82 milliards d'euros que Jérôme Kerviel aurait fait perdre à la société générale.

 

Mais n'est il pas un peu trop simple de classer "trader fou" Steve Perkins et d'exonérer au passage la société de courtage et le marché de toute responsabilité, de toute folie.

Ne faudrait-il pas s'interroger sur le sens et l'utilité sociale de ces marchés ? Et dans le cas présent la spéculation ne s'exerce pas sur des produits financiers mais sur du pétrole. Alors que nous sommes certains que les réserves de pétrole loin d'être inépuisables vont se tarir, non seulement aucune mesure n'est prise pour en réguler le marché mais bien au contraire c'est la pure spéculation qui en fixe les prix selon des critères ne connaissant comme développement durable que celui des profits.

Faudra-t-il attendre de découvrir un "trader fou" sur le marché des déchets radioactifs pour que l'on commence à s'interroger sur le rôle du marché ?

 


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