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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 08:46

L’éolien, c’est du vent, tel est le titre de l'article signé Pierre-Henri Lab et paru dans l'Humanité du 11 juin 2009.

 

. Le résultat de la liste Europe Ecologie a été commenté Jean-Marc Coppola dans un rapport au CEN du PCF "Ce résultat témoigne d’une vraie préoccupation écologique, dans le sens défense de l’environnement, de la planète, mais aussi sur les questions de production, de consommation… Nous avions décelé cette exigence, puisque nos choix de congrès en sont imprégnés et que nous proposons un nouveau type de développement, humain et écologique."

Quatre jours après ce vote, l'on ne peut sûrement pas reprocher à Pierre-Henri Lab d'avoir joué la facilité. Mais quelles que soient les opinions de cet auteur, la question posée mérite un peu plus de rigueur.

 

Si les doléances des collectifs de riverains s’opposant à l’installation d’éoliennes au nom des nuisances sonores ou des atteintes aux paysages qu’elles provoquent "méritent d’être prises en compte", comment doit-on traiter les doléances de riverains des autres équipements producteurs d'électricité et singulièrement des centrales nucléaires, ou des sites d'enfouissements des déchets ?

 

Mais Pierre-Henri Lab invoque des arguments "plus percutants" tirés notamment d'une étude du "très libéral institut Montaigne".évoquant le surcoût de l’éolien par rapport aux autres énergies primaires.

Le choix de la référence reste pour moi surprenant d'autant plus que ce rapport date de presque un an, mais là aussi pourquoi ne pas questionner de la même façon les coûts des autres modes de production et notamment de la filière nucléaire. Sur ces coûts existent des rapports d'organismes tout aussi libéraux, et notamment un rapport de la cour des comptes sur le  démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs datant de janvier 2005.

Ce rapport indique notamment dans ses conclusions " La construction et l'exploitation des premières installations de recherche, de production de matières fissiles, ainsi que des premières centrales n'ont pas été réalisées à une époque où la sûreté nucléaire était le premier souci. Il faut aujourd'hui en assumer les conséquences en procédant, à des prix exceptionnellement élevés, à l'assainissement d'installations où les exploitants ont laissé s'accumuler des déchets sans aucune vue prospective."

Les conclusions sont plus rassurantes pour la suite, " Les charges futures afférentes au programme électronucléaire mis en oeuvre à la suite du premier choc pétrolier sont mieux maîtrisées, font l'objet de calculs fondés et précis. Les incertitudes sont bien cernées…" Cependant " à titre d'exemple, une majoration de 10 Md€ du coût du stockage profond aurait un impact de 0,56 € par MWh"..

De la même façon l'on peut consulter les prévisions de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA) qui en 2004  a estimé qu’il faudrait plus de cinq cent milliards de dollars pour démanteler les centaines de centrales qui seront en fin de vie d’ici une trentaine d’années.

 

Et peut-on oublier de s'interroger sur l'autre coté de la question, la consommation d'énergie ?

Selon les statistiques du Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie; l'évolution de la consommation, en millions de tep, de pétrole et sa part dans la consommation totale d'énergie primaire est la suivante de 1973 à 1999
Si ce tableau fait apparaître une baisse de la consommation de pétrole en France, elle est accompagnée d'une hausse importante de la consommation d'énergie primaire.

                               1973         %    1999        %

Europe de l'Ouest       754     54,7      692     39,7

Union Européenne      689     59,5      602     41,7

Allemagne                 162     47,9      135     40,1

Espagne                      38     73,3        64     53,8

France                       124     70,4        90     35,4

Italie                          100     77,9        89     52,9

Royaume-Uni             112     50,5        83     36,0

 

Les variations de consommation d'énergie primaire de 1973 à 1999 sont les suivantes

Europe de l'Ouest

26,49%

Union Européenne

24,70%

Allemagne

-0,30%

Espagne

128,85%

France

44,32%

Italie

31,25%

Royaume-Uni

4,05%

Il serait peut être utile de s'interroger aussi sur ces évolutions de consommation.

 

Nous sommes face à des choix de société fondamentaux, et il est peut être enfin temps d'accepter d'en débattre sans caricaturer les positions des uns ou des autre.

 

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