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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 08:25

A Arcueil, ville de près de 20.000 habitants en proche banlieue parisienne, le nombre de demandeurs d'emploi est déjà passé de 920 début janvier à 962 fin mars. Et ces suppressions d'emplois s'accompagnent d'une aggravation de la précarité, du temps partiel subi… Derrière ces statistiques froides se cachent des drames humains.

Cette réalité est celle que décrit l’observatoire français des conjonctures économiques qui annonce que la crise sera "longue et dure", les pertes d'emploi seront, en 2008-2009, de l'ordre de 800 000, dont les deux tiers en 2009, le chômage connaîtra alors "la plus forte progression observée au cours des vingt-cinq dernières années", atteignant 9,1 % en 2009 et 10,2 % en 2010.

Et le coût de cette crise sera payé encore une fois par celles et ceux qui n'en sont en rien responsables.

Dans ce contexte de difficultés sociales accrues, ce ne sont pas les services de l'Etat dans le cadre de la RGPP à grands coups de suppression de postes qui pourront répondre aux besoins croissant de nos populations, ni le Pôle emploi né de la fusion imposée à marche forcée de l'ANP et des ASSEDIC sans tenir compter des réalités sociales, ni les CAF dont celle du Val de Marne vient de fermer ses bureaux d'accueil pendant trois semaines pour essayer vainement de résorber les dossiers en retard, et notamment les APL qui n'ont pas été versées faisant basculer artificiellement des familles dans les retards de paiements…

Les populations en difficultés vont se tourner encore une fois vers les collectivités locales dont les moyens sont mis à mal par la politique gouvernementale. Mais même les collectivités locales qui ont une volonté politique de répondre à ces demandes ne pourront pas faire face longtemps à cette réalité.

 

C'est dans ce contexte que nous avons créé à Arcueil un comité local pour l'arrêt immédiat des licenciements et des suppressions d'emplois qui regroupe largement des militant-es politiques et syndicaux et des citoyen-nes. Dans ce comité se côtoient des militant-es venant du Parti socialiste, d'Entente Citoyenne ( divers gauche), du Parti Communiste, du Parti Ouvrier Indépendant, du Nouveau Parti Anticapitaliste..

Ce comité s'est créé principalement pour une action concrète commune contre les licenciements. En respectant la place des syndicats et des partis politiques, nous ne sommes nullement dans une démarche de construction/reconstruction; ce comité veut affirmer une positon politique commune aussi bien en direction des salariés aujourd'hui tous potentiellement menacés dans leur emploi qu'en direction des employeurs.

 

Si la nécessité de stopper la catastrophe sociale en cours était présente à l'origine de cette création, le cas de l'entreprise Vialtis en a été le catalyseur.

"Nous pensons que la crise est aussi là pour cela, elle est là pour précipiter des décisions difficiles qui auraient attendu dans une période plus faste.". Cette déclaration aussi franche que cynique a été faite par François Fillon le 16 février dernier à Lestrem et si elle concernait la décision de supprimer la taxe professionnelle prise sans aucune concertation, l'on pouvait être certain que de nombreux dirigeants d'entreprises la reprendront à leur compte.

A Arcueil, l'entreprise Vialtis, qui ne semble pas rencontrer de difficultés financières particulières, le résultat cumulé de 2004 à 2007 est de plus de sept millions dont 5 millions de dividendes distribués, décide de transférer son activité, et ses salariés à Aix. Le résultat est celui attendu dans un tel cas, 68 salariés n'acceptent pas ce transfert, la garantie d'emploi étant limitée à un an. La direction après une première grève dans cette entreprise et une heure de négociation a accepté d'accorder une prime de 1.500 euros. Un "salarié" moyen avec quatre ans d'ancienneté partirait donc, avec prime et indemnité de licenciement de moins de 3.000 euros !

Quand on connait la difficulté du marché de l'emploi qui se dégrade chaque jour comment accepter une telle solution ?

 

Nous n'avons pas d'illusion la chambre bleue horizon UMP/MDEF ne votera pas demain l'interdiction des licenciements.

"La crise, c'est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître", selon Antonio Gramsci pour qui les communistes doivent s'emparer tout d'abord du pouvoir culturel. C'est dans ce cadre aussi que doit se situer notre action. Face à une droite revancharde et "décomplexée" qui annonce sa volonté de revenir sur les acquis mis en œuvre à la Libération sur la base du programme du Conseil National de la Résistance, Sécurité sociale, nationalisations.. réalisées dans une France exsangue, les partis de gauche qui se veulent partis de gouvernement doivent enfin affirmer des volontés politiques fortes et claires.

Face à une droite qui annonce vouloir casser le code du travail et qui le fait, la gauche doit annoncer des mesures politiques claires et s'engager à les mettre en œuvre. Lorsque des partis se réclamant de la gauche sont au gouvernement ils ne peuvent plus se contenter de demi-mesures et de gérer les conséquences de la crise.

La seule manière d'obtenir ce résultat est une mobilisation forte à la base sur des mots d'ordre clairs, l'interdiction des licenciements en est un. Il est compréhensible par tous et il pose plus largement la question du pouvoir, de la démocratie et du partage de la plus-value au sein de l'entreprise.

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Publié par Jean-Michel Arberet
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