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Le blog de Jean Michel Arberet a déménagé

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27 juillet 2008 7 27 /07 /juillet /2008 23:13

Dans les années 1970 en Italie, de très nombreux jeunes militants dont la révolte s'était radicalisée choisirent la lutte armée. Marine Petrella en faisait partie.

En 1982 elle est arrêtée, elle passe 8 ans dans les prisons spéciales italiennes avant d’être libérée pour expiration des délais de détention préventive.

En 1993, elle est condamnée à perpétuité dans le cadre de lois d'exception, pour des faits remontant aux années 79 à 82.

Elle vient en France, François Mitterrand, alors président de la République, avait accordé à quelques centaines d’Italiens - en pleine connaissance de la gravité des faits qui leur étaient reprochés et de façon indifférenciée les uns par rapport aux autres – un asile en France avec sa fille , ses avocats avertissent alors les autorités judiciaires françaises de sa présence.

Marina Petrella réside en France de façon continue, en situation régulière, elle dispose d'un titre de séjour, reprend ses études, passe des diplômes, est salariée de structure publique…

Le 21 août 2007, convoquée pour des formalités administratives, Marina est arrêtée au commissariat d’Argenteuil, à la suite d'une demande d'extradition du gouvernement italien.

La condamnation date d'une quinzaine d'années, les faits de plus de 25 ans. Quel serait donc le sens de cette incarcération aujourd'hui ?

SI la sanction pénale a pour objet d'aider à la réinsertion sociale du délinquant, elle serait ici sans objet Marina Petrella est parfaitement insérée/ré-insérée dans la société française où elle vit, travaille et a fondé une famille. La sanction n'aurait pas plus de sens s'il s'agissait de protéger la société de la dangerosité, Marina Petrella a tourné la page de la lutte armée il y a des années.

Par contre, de nombreuses interventions favorables à l'extradition évoquent pêle-mêle l'absence de repentir de Marina Petrella et les victimes qui n'ont pas pardonné.

Ces deux points semblent très liés et renvoient à une conception particulière de la sanction pénale.

Le pardon des victimes n'est pas une catégorie juridique, la justice s'est construite contre la notion de vengeance et la loi du talion. Même si les victimes crient vengeance la société, elle, doit se contenter de leur rendre justice; aucun droit pénal ne reconnaît aujourd'hui la nécessité d'enfermer à vie tous  les auteurs d'actes délictueux ayant entraîné la mort d'autrui, quelle que soit la douleur des proches des victimes. Et cela est aussi vrai pour les familles des 85 tués de l'attentat de la gare de Bologne, pour les familles des travailleurs de l'amiante et pour tant d'autres.

Quant au repentir, loin de la notion catholique de changement profond qui s'opère dans l'homme lorsqu'il reconnaît son péché devant Dieu, exprime le regret de sa faute et en demande pardon, il s'agit ici de la notion de repenti mise en oeuvre par la législation italienne. Le repenti n'est pas là celui qui regrette sa faute, mais celui qui dénonce ses anciens complices pour obtenir l'immunité.

Notion mise en œuvre dans le cadre des lois d'exception mais notion déjà ancienne et crée à Rome avec la création de l'inquisition médiévale dans les années 1230 par le pape Grégoire IX. En effet la procédure utilisée par l'inquisition débutait par un délai de grâce au cours duquel  ceux qui se présentaient et confessaient spontanément leurs fautes se voyaient imposer une pénitence religieuse mais échappaient aux sanctions du pouvoir civil, avec en contre partie l'obligation de dénoncer les hérétiques.

Outre l'aspect moralement douteux de s'appuyer sur une délation récompensée, cette procédure était aussi une incitation à dénoncer le premier, incitation recrée par la notion "moderne" de repenti.

Le parallèle que l'on pourrait poursuivre avec les procédures d'interrogatoire n'est pas anodin. L'inquisition ne pourchassait pas des criminels mais avait pour vocation d'éradiquer une hérésie et donc, les hérétiques qui contestaient l'ordre religieux et donc l'ordre social.

L'objectif serait il le même aujourd'hui ?

La sortie d'une période de violence ne peut pas se faire par la vengeance. Une amnistie sera nécessaire qui seule permettra d'écrire l'histoire de ces années de plomb et surtout d'essayer de les comprendre.

Mais hélas il ne semble pas que ce soit la voie emprunté par les gouvernements occidentaux. De la demande d'extradition de Marina Petrella à la criminalisation des acteurs sociaux la logique est la même, maintenir l'ordre établi et éradiquer la subversion.

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commentaires

vincent 29/07/2008 16:23

Très curieux texte qui oublie en fait l’essentiel : en France comme en Italie, on condamné à la prison des terroristes assassins.
Je n’ai pas vu d’amnistie en France pour Action Directe, Ivan Colonna ou Carlos. Autrement dit, tuer des français méritent la prison mais tuer des italiens non c’est moins grave ?
Ensuite la réinsertion de Petrella, encore une chose étonnante, un criminel qui a une bonne situation mériterait la clémence alors qu’un clochard mal inséré mériterait la prison ? c’est sans doute une vision de gauche.
La jurisprudence Mitterrand, déjà contraire à la séparation des pouvoirs, à l’esprit européen (moi français j’offre l’impunité à des assassins d’italiens) elle exclut expressément les auteurs de crimes de sang (discours de Mitterrand devant craxi) de plus Petrella a été condamnée en 1993 donc cette jurisprudence a permis à cette femme de fuir la justice.
Est ce bien sérieux ?
La défense de l’impunité de ces terroristes est purement idéologique et il faut bien le dire témoigne d’un absolu mépris pour l’Italie.

Sophia 28/07/2008 22:48

Merci d'être repassé sur Rue89, les échanges sont vifs et passionnés, tant mieux, puissent les riverains réfléchir sur cette affaire et penser qu'il y a un temps pour le pardon.
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