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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 10:17

Allocution prononcée à l'occasion de la commémoration du 10 mars 1962 à Arcueil.

 

Nous sommes réunis ici, comme tous les 19 mars à Arcueil, pour commémorer le cessez-le-feu en Algérie. Ce 19 mars est particulier, c'est en effet la première commémoration après la promulgation de la loi du 6 décembre 2012

 

"La République française institue une journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.

Cette journée, ni fériée ni chômée, est fixée au 19 mars, jour anniversaire du cessez-le-feu en Algérie.

La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat."

 

Ce cessez-le-feu et les accords d'Evian seront ratifiés, par 91% des votant-tes lors du référendum organisé en avril 1962.

Et il n’était que temps de reconnaître cette date dans un contexte de nostalgie nauséabonde envers l'OAS.

 

Le 19 mars 1962 marque donc la fin de cette guerre et la fin d'une trop longue histoire coloniale de la France.

Une guerre qui a causé tant de morts parmi les combattant-tes, parmi tous les combattant-tes, parmi les populations civiles, qui a laissé des milliers d'être humains blessés, marqués à tout jamais par ce qu'ils avaient vécu.

Un travail important est mené à Arcueil par mon amie Carine Delahaie, maire adjointe chargé de la Santé  du Devoir de mémoire de la  Lutte contre les discriminations des Anciens combattants, sur le devoir de mémoire avec tous les représentants associatifs qui se sont engagés dans cette démarche.

Loin des déclarations tonitruantes sur le rôle positif de la colonisation, nous devons chercher à en comprendre le mécanisme, à comprendre comment la IIIème République qui met en place les grandes lois sur les libertés en métropole poursuit la colonisation et la pacification des territoires colonisés.

Comment la France, sortant de la barbarie nazie, a pu massacrer des populations le 8 mai 1945 en Algérie, en 1947 à Madagascar, a pu s'embourber dans une guerre contre un peuple luttant pour son indépendance qui aboutira à Dien Bien Phu, a pu mener une trop longue guerre pour tenter de retarder l'indépendance inéluctable de l'Algérie. Guerre qui n'a eu pour conséquence la résurgence de l'extrême droite avec l'OAS.

 

 

Cette date du 19 mars qui marque la fin de cette guerre, la fin de cette histoire coloniale, devrait être aussi la date qui marque une nouvelle ère de l'histoire, où les êtres humains seraient libres et égaux en droit et, au sein de pays indépendants, pourraient librement exercer des droits.

Dans les procès-verbaux des Cortes de Cadix, de 1812, figure une allocution prononcée par le seul représentant des peuples autochtones Dionisio Inca Yupanqui, dans laquelle il déclare notamment " un peuple  qui en opprime un autre ne peut être libre"

Deux siècles après nous vivons dans un monde où les conflits dits « de basse intensité », et les guerres propres se multiplient. Et je ne suis pas certain que ceux qui les subissent soient très sensibles à la propreté ou à la basse intensité.

 

Nous rendons aujourd'hui hommage à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc. Le vrai hommage à leur rendre n'est il pas de sortir enfin de cette période coloniale ou néocoloniale et de régler pacifiquement les conflits. Le coût des guerres, de l'armement est toujours démesuré..

et si après des siècles de guerre nous nous engagions résolument dans une culture de la paix ?

 

Je vous remercie

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Publié par Jean-Michel Arberet
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