je suis...

Jean-Michel Arberet,
de 2001 à 2008 maire adjoint d'Arcueil, chargé de la jeunesse, des sports et de l'économie solidaire,
partenaire du groupe communiste;
depuis 2008 conseiller municipal d'Arcueil, chargé des sports et des technologies de l’information et de la communication,
partenaire du groupe  communiste.

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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 10:29

Monsieur le Président de la République

 

Vous avez affirmé, à propos de l'affaire Polanski : " … Ce n’est pas une bonne administration de la Justice que de se prononcer trente-deux ans après les faits, alors que l’intéressé a aujourd’hui soixante-seize ans" (Le Figaro du 15. 10. 2009). Cet énoncé n’est pas une opinion, vous avez au contraire rappelé-là un principe fondamental du Droit : vous avez évoqué la nécessité impérative de limites temporelles dans l’exercice de la Justice pénale, principe affirmé "en doctrine, en norme et en jurisprudence" Faute de quoi, une justice se voulant "infinie" reviendrait à une théologie de la vengeance.

 

Sur l'affaire qui est à l'origine de votre mise au point essentielle, M. le Président, il a été écrit : " il existe un seul argument en faveur de Polanski, mais un argument décisif : le temps... " Le Droit romain, déjà, considérait que l’écoulement des décennies éteint progressivement le trouble provoqué par l’acte d’origine, "et cela traduit, dans toutes les cultures, un principe plus élevé de civilisation" Si l’on se tient à ce principe, nul privilège donc, pour quiconque : seulement "un plaidoyer logique, général, égal pour tous".

 

Vous conviendrez que l’évoquer dans un cas pour déroger aussitôt à son application dans un autre serait pire encore que de l'ignorer.

 

Or, M. le Président, au moment même où vous faisiez cette déclaration, deux ressortissants allemands, Sonja Suder et Christian Gauger, respectivement âgées de soixante-seize et soixante-huit ans, se voyaient notifier un décret d’extradition en vertu d’accusations remontant à plus de trente ans, concernant des faits à caractère politique survenus dans le contexte des mouvements sociaux radicaux des années soixante-dix en Allemagne.

 

En vous écrivant, M. le Président, nous nous sommes interdit de faire valoir comme argument nos affects et nos propres jugements de valeur sur des contextes historiques et sociaux, et a fortiori sur des personnes : nous nous sommes imposé de nous en tenir ici exclusivement à la lettre du droit.

Avec cette décision, qui relève exclusivement de l’Exécutif, l’État dont vous êtes le premier magistrat pourrait à terme livrer à la Justice allemande deux personnes en vue d'un procès qui se déroulerait bien au-delà des "délais raisonnables" requis pour un "procès équitable". Déjà, l’extradition de Sonja Suder et Christian Gauger signifierait les livrer à une longue détention préventive, puisqu’en vertu des dispositions en vigueur en Allemagne, ils demeurent toujours des prévenus. Il nous semble par ailleurs important de rappeler que cet homme et cette femme ont déjà pâti de cette "justice qui ne renonce jamais". En 2001, en effet, la Chambre de l'instruction de la Cour d'Appel de Paris les a déclarés non-extradables puisque l'Allemagne les poursuivait pour des faits prescrits en droit français. Pourtant, en 2009, cette même Chambre les a jugés extradables pour les mêmes faits, sur la base de la Convention de Dublin, tout récemment applicable, selon laquelle les dispositifs de prescription régissant l’extradition sont désormais ceux du Pays requérant. Or, l'application de cette convention au cas de Sonja Suder et Christian Gauger foule aux pieds deux principes essentiels du Droit, "l'autorité de la chose jugée" et le caractère non-rétroactif des textes répressifs lorsqu’ils aggravent la situation des personnes.

 

Nous ne pouvons penser, Monsieur le Président, que vous n'appliquerez pas pour ces deux personnes le critère que vous avez publiquement défendu. D’autant plus qu’elles justifient pleinement de la "clause humanitaire" prévue par les textes internationaux. Ne serait-ce que pour ces raisons, l’annulation des décrets d'extradition à l'encontre de Sonja Suder et Christian Gauger s’impose.

Il nous semble en outre, Monsieur le Président, que découle également de ce principe de "civilisation juridique", dont la France se réclame, la décision de considérer irrecevable toute requête d'extradition pour des faits remontant à plus d'un quart de siècle.

 

Voilà, Monsieur le Président, ce que nous voulions vous dire, nous qui sommes inquiets aujourd’hui des menaces qui pèsent sur la vie de Sonia Suder et Christian Gauger. Nous vous remercions de l’attention que vous voudrez porter à notre parole.

 

Paris, le 5 Novembre 2009

 

Emmannuelle et Jean-Pierre Bastid, Gilles Berard, Claire Blain-Cramer, François Chouquet, Guido Cuccolo, Claudio Di Giambattista, Aïtor Fernàndez-Pacheco, Claudio Ielmini, Mouloud Kaced, Janie Lacoste, Ezio La Penna, Lucia Martini-Scalzone, Elda Necchi, Isabelle Parion, Claudine Romeo,Luigi Rosati-Elongui, May Sanchez, Oreste Scalzone, Gianni Stefan, Hanlor Tardieu, Jean Michel Arberet…

… pour le réseau StopExtraditions-MaisonsAbris

 

Cette lettre est ouverte à toute personne voulant la co-signer  sur le site http://stopextraditions.info ou à l’adresse contact@stopextraditions.info

Publié dans : Réfugiés italiens, Marina Petrella
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /2009 15:34

La disposition des pages 14 et 15, les pages centrales, de l'édition du Monde daté du dimanche 15 et lundi 16 novembre est-elle le fruit du hasard ou un choix éditorial ?

 

A gauche et sur trois colonnes un entretien avec Laurent Collet-Billon, délégué général à l'armement qui déclare "On retrouve les chiffres d'affaire de la grand époque". Il évoque bien sur le marché mondial de l'armement, 70 milliards d'euros cette année, et la France va exporter pour 7 milliards d'euros en 2009, la crise se traduisant par 1,4 milliards de crédits supplémentaires dans le cadre du plan de relance.

Le secteur se porte visiblement à merveille.

 

Au centre de la double page et sur six colonnes, le visuel d'Action contre la Faim "Un milliard d'affamés dans le monde. Ne laissons pas l'indifférence les effacer."

 

Enfin les trois colonnes de gauche sont consacrées à un article annonçant que l'Union européenne est sortie de la récession. Pour toutes celles et tous ceux qui ne l'auraient pas remarqué dans leur vie quotidienne, quelques "nuances" sont apportées " le taux de chômage pourrait dépasser les 10% de la population active d'ici la fin 2010", "les plans sociaux se multiplient en dépit des mesures de soutien", " il faudra du temps avant que cette reprise technique génère des emplois".

 

Si en ouvrant son journal, l'on survole rapidement ces deux pages centrales de droite à gauche, le contenu en semble plus clair.

La situation de l'Union européenne s'améliore sauf pour les demandeurs d'emplois, les exclus, les salariés pauvres. Mais la situation dans le reste du monde est dramatiquement plus grave, il n'y a donc pas lieu de se plaindre outre mesure, il suffit d'attendre encore quelques années les résultats bénéfiques des plans de relance. Et pour le reste du monde le message est clair, votre situation se dégrade dans l'indifférence générale, mais toute rébellion est inutile, l'empire et les gouvernements de ses états vassaux ont les moyens de maintenir l'ordre.

Publié dans : Billet d'humeur, ou coup de gueule
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 15:19

Thierry Rolland a été invité lors d'une émission de Canal+ à commenter les propos nauséeux tenus par Louis Nicollin à la suite du match Auxerre Montpellier. Il avait traité le capitaine d'Auxerre de "petite tarlouze".

Mort de rire il commente "Ça m’a fait marrer. Ma femme m’a dit que je ne devrais pas rigoler à ce genre de choses. Mais j’aime beaucoup Nicollin, je vous le dis très franchement, c’est un de mes amis et sa sortie m’a fait marrer, ce n’est pas grave".

Et lorsque le journaliste a demandé à Thierry Roland ce qu’il penserait si un "grand joueur" se révélait homosexuel, Thierry Roland rajoute "Je trouverais ça spécial parce que, c’est vrai que dans les équipes de sportifs, on n’imagine pas qu’il puisse y en avoir», confie-t-il avant de nuancer: «C’est peut-être une erreur cela dit. Il y en a dans d’autres domaines alors pourquoi n’y en aurait-il pas dans le sport?"

 

Il semblerait que Thierry Rolland soit un journaliste sportif. 

S'il était journaliste il devrait peut-être commencer par se renseigner sur les peines encourues, l'injure publique et non publique est une infraction pénale aggravée par l'homophobie et non pas un sujet de plaisanterie. Il saurait aussi que la discrimination est une infraction pénalement sanctionnée.

Et s'il était journaliste sportif, s'il faisait simplement son travail et connaissait le milieu dont il est présumé parler, il ne trouverait pas "spécial" que des sportifs soit homosexuels. Il saurait que de nombreux sportifs et sportives sont homosexuels, pour reprendre son élégante expression " Il y en a dans d’autres domaines alors pourquoi n’y en aurait-il pas dans le sport?".

Mais Thierry Rolland n'est plus un journaliste sportif, c'est un commentateur de spectacles sportifs. Seule l'audience est importante pour lui, comme l'affirme aussi le président de l'Olympique Lyonnais dont l'entreprise cotée en bourse n'est pas un club sportif mais une entreprise de spectacles sportifs. Seule compte l'audience source de revenus financiers, et pour cela tous les moyens sont bons même les commentaires les plus bassement populistes.

Si Thierry Rolland était encore journaliste sportif il s'intéresserait aux sportives et aux sportifs non pas en tant que marionnettes interchangeables d'un spectacle permanent, mais en temps qu'être humains  qui respirent, qui espèrent, qui souffrent et qui aiment, en tant qu'êtres humains qui vivent.

 

Enfin Thierry Rolland devrait simplement écouter sa femme et se taire.

Publié dans : Contre toutes les discriminations
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 22:59

J'ai voulu publier un commentaire le mardi 3 novembre sur votre site internet suite à un article que vous avez consacré aux propos de Louis Nicollin tenus après le dernier match de son équipe. Vous avez refusé ce commentaire, refus qui relève de votre choix de gestionnaire de site.

Ce qui est plus surprenant c'est la motivation du refus "Votre message et/ou contenu n’a pas été publié. En effet, selon la ligne de conduite de notre journal, Le Parisien/Aujourd’hui en France, les propos résolument agressifs dirigés à l’encontre d’une marque, d’un produit, d’un organisme, ou d’une personne ne sont pas admis sur cet espace.".

Le commentaire que je proposais reprenait les propos de Louis Nicollin et rappelait la nécessité de sanction à l'encontre de propos homophobes, sexistes et violents.

Mais ce sont mes propos et  non ceux de  Louis Nicollin que vous jugez "résolument agressifs" et que vous refusez donc de publier.

Devrais-je donc m'abaisser à utiliser le vocabulaire de Louis Nicollin pour me conformer à votre ligne de conduite ?

 

Ai-je besoin de vous préciser que j'apprécierais d'obtenir une réponse à ce courrier.

 

Publié dans : Contre toutes les discriminations
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